L’écriture est-elle seulement un outil pour retenir la mémoire ? Pour la tradition africaine, et selon le système « KLÊH’NGBA » initié par le Pr Mathias Kouamé-Tanoh, elle est d’abord un pont spirituel. D’abord, il faut comprendre l’origine.
L’écriture naît du divin. Elle est une « parole momifiée », une magie graphique qui cristallise la pensée pour la rendre éternelle. C’est là que la drummologie entre en scène. Le tambour africain n’est pas qu’un instrument. Il est une écriture sonore, tridimensionnelle et sacrée.
Il reproduit la parole rythmée, porte la voix des ancêtres et ouvre un canal avec l’au-delà. Ainsi, écriture, tambour et esprit forment un triangle sacré. L’arbre, l’encre, tout support naturel devient un pont vers l’invisible dès qu’il est consacré.Ensuite, cette vision rejoint la notion de noosphère : la sphère de la conscience collective humaine.
L’écriture la structure. Elle affranchit le temps et l’espace, et programme l’esprit. Le système KLÊH’NGBA propose donc un « Outil d’Amour Intégralement Accompli » pour invoquer les esprits ancestraux et contribuer à cette conscience mondiale.
Cependant, l’histoire de l’alphabet gréco-latin, porté par l’anglais, nous rappelle le poids de la domination. Porté par la conquête et la technologie, il a servi d’outil d’hégémonie culturelle. C’est pourquoi la contribution africaine est vitale aujourd’hui.
En s’appuyant sur sa spiritualité et son amour, l’Afrique peut orienter la noosphère vers l’Oméga : une harmonie collective. KLÊH’NGBA est une invitation à réconcilier technologie, écriture sacrée et mémoire ancestrale pour l’avenir de l’humanité.
J. Abalo




