Dans une publication largement relayée sur Facebook ce lundi 18 mai 2026, le cadre du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Ambroise Gnahoua, affirme avoir été « expulsé » à deux reprises lors de récents événements du parti, notamment le congrès et la fête de la Renaissance. Une déclaration forte qui intervient dans un contexte politique déjà sensible au sein de la formation de Laurent Gbagbo. Dans ce texte à la tonalité critique, l’auteur s’attaque longuement à une tribune attribuée à Nady Bamba, qu’il analyse point par point, n’hésitant pas à remettre en cause sa cohérence intellectuelle et politique.
Une tribune jugée « confuse » et sans colonne vertébrale
Dès l’entame de son analyse, Ambroise Gnahoua ne mâche pas ses mots. Il décrit une lecture « très pénible », estimant qu’il est difficile d’en dégager « la trame ou la colonne vertébrale ». Selon lui, le texte se caractérise par une accumulation d’idées « intéressantes par ailleurs », mais « qui se bousculent, se contredisent et se répètent ». Plus sévèrement encore, il affirme : « Il m’a été très difficile de dégager sa cohérence, celles qui constituent la thèse du texte, ses antithèses et une conclusion claire. » L’auteur insiste sur le fait que Nady Bamba s’exprime en tant que « citoyenne ivoirienne, ex-journaliste et militante de base », et non en qualité d’épouse de l’ancien président. Une précision qu’il dit respecter, tout en contestant la portée de ses analyses. Il déclare ainsi : « En tant que militante de base, elle a tout à fait le droit de s’exprimer. Mais je lui conteste toute légitimité à nous donner des cours de sciences politiques. » Cette prise de position illustre une tension plus large autour de la légitimité des prises de parole dans l’espace politique interne du parti. Gnahoua s’interroge également sur le calendrier de publication de la tribune, intervenue selon lui à « dix jours du congrès ordinaire du parti ». Un timing qu’il juge loin d’être anodin, dans un contexte où le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, a évoqué publiquement son futur retrait de la présidence du parti. Il cite notamment une déclaration de Gbagbo : « Après, je démissionnerai. Je ne serai plus candidat à la présidence du parti. Je vais prendre du temps pour moi-même. » Le cœur du désaccord porte toutefois sur la notion de gauche en Côte d’Ivoire. Gnahoua conteste l’idée selon laquelle les clivages idéologiques seraient secondaires face aux figures politiques. Il affirme au contraire : « Soit la gauche existe, soit elle n’existe pas. » Et insiste sur la nécessité de ne pas réduire la politique ivoirienne à une logique de personnalités : « Les Ivoiriens ne sont pas seulement des suiveurs de figures, mais aussi des porteurs d’idées et de programmes. » Au-delà de la polémique, le cadre du PPA-CI appelle à un renforcement de la formation politique au sein du parti. Selon lui, la crise actuelle du débat idéologique reflète un déficit de structuration intellectuelle. « Je considère que ce débat sur l’union de la gauche, tel qu’il est posé, est un vrai faux débat, du pays des faux débats. En effet, d’une part, l’union de la gauche n’est pas le parti unique. Penser que tous les autres partis doivent obligatoirement se fondre dans le PPA-CI n’est pas réaliste. Nulle part, hormis dans les systèmes totalitaires, l’union n’a jamais voulu dire le parti unique », a-t-il conclu.
Source AfrikSoir




