À quelques jours des élections de mi-mandat prévues mardi, Donald Trump joue la carte de la prudence.
« Nous avons une chance de bien nous en sortir. Peut-être très bien », a assuré le président républicain vendredi depuis le Bureau ovale, avant de nuancer aussitôt : « Généralement un président, bon ou mauvais, républicain ou démocrate, perd les midterms».
Un constat historiquement vrai, qui traduit surtout la fébrilité du camp républicain à l’approche du scrutin.
Alors que tous les sièges de la Chambre des représentants et un tiers de ceux du Sénat sont à renouveler, les Républicains abordent la dernière ligne droite avec inquiétude. Le président est contraint de se rendre en Iowa et au Kansas, deux terres traditionnellement conservatrices où les scrutins s’annoncent plus serrés que prévu.
Un déplacement qui en dit long sur les difficultés du parti à conserver sa majorité au Congrès.
Joël Abalo
USA : C’est quoi ces élections qui peuvent bloquer Donald Trump ?
Les Américains votent ce mardi 3 novembre 2026 pour les élections de mi-mandat. Un scrutin crucial qui pourrait faire perdre à Donald Trump sa majorité au Congrès.Deux ans après sa réélection en novembre 2024, Donald Trump joue gros.
Mardi 3 novembre, les États-Unis organisent les « Midterms », les élections de mi-mandat qui vont renouveler une grande partie du Congrès américain. Contrairement à la présidentielle, on ne vote pas pour le président. On vote pour le Parlement américain, le Congrès, qui est composé de deux chambres.
D’abord, concernant la Chambre des Représentants, les 435 sièges sont tous à pourvoir. Chaque État a un nombre de députés proportionnel à sa population. La Californie, la plus peuplée, a 52 élus, le Wyoming n’en a qu’un. Ensuite, pour ce qui est du Sénat, sur les 100 sénateurs à raison de 2 par État, 35 sièges sont remis en jeu cette année. Ils sont élus pour 6 ans.
Par ailleurs, en même temps, 36 États sur 50 vont aussi élire leur gouverneur et des milliers d’élus locaux, maires, juges et shérifs.Aux USA, le président ne peut pas gouverner seul. C’est le Congrès qui vote les lois. Si son camp est majoritaire, il peut appliquer son programme.
Si l’opposition prend le contrôle, il est bloqué. Or l’histoire est cruelle pour les présidents en place : depuis 1860, seuls 37 scrutins de mi-mandat ont été remportés par le parti du président. Le dernier à y être parvenu est George W. Bush en 2002.Donald Trump l’a déjà vécu lors de son premier mandat en 2018 où il avait perdu la Chambre.
Aujourd’hui, alors que son impopularité monte, il risque de revivre le même scénario.S’il perd la majorité, il ne sera pas destitué, mais il sera freiné pour les deux dernières années de son mandat. Le nouveau Congrès ne s’installera que le 3 janvier 2027, lui laissant deux mois pour faire passer ses dernières lois.
Près de 250 millions d’Américains sont appelés aux urnes. Le vote n’est pas obligatoire et la participation est toujours plus faible qu’à la présidentielle. En 2022, seuls 46% des électeurs s’étaient déplacés, contre 64% en 2024.
Enfin, le vote anticipé est déjà ouvert depuis 15 jours et les résultats sont attendus dans la nuit de mardi à mercredi, heure d’Abidjan.
Koffi Amani




