Tout part d’un constat : en saison des pluies, des pistes impraticables empêchent l’écoulement des régimes, du latex et des noix de coco vers les usines. C’est pour solutionner cette problématique que le Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco (CHPC) vient de lancer un vaste programme national de réhabilitation des pistes de desserte des zones de production.
Le coup d’envoi a été donné le mercredi 21 octobre à Tabou, dans la région du Gbôklé. Un programme d’envergure évalué à 2 milliards de FCFA pour la filière palmier à huile sous mandat du CHPC. La portée de cette réhabilitation s’étend également aux filières Hévéa et Coco présentes dans ces zones de production.
Pour le CHPC, il ne s’agit plus de discours, mais d’action sur le terrain. Et le Président du Conseil d’Administration, le Ministre Félix Anoblé, le rappelle à juste titre. « Réhabiliter les pistes, c’est investir directement dans la production, dans la compétitivité et dans le revenu du planteur. Nous rapprochons les plantations des usines, conformément à la feuille de route du Gouvernement », a-t-il indiqué.
Pour sa part, le Directeur Général, Edmond Coulibaly, fixe le cap : « Zéro route coupée cette année sur tout le territoire de production ». Pour mener cette opération avec de réelles chances de succès, un programme est établi. 2026 – 2027 : Reprofilage lourd de 2000 km de pistes identifiées par les planteurs eux-mêmes ; 2026 : 100 km de reprofilage lourd immédiat et traitement des points critiques sur tous les bassins. Plus de 800 ouvrages (buses et dalots) pour garantir une circulation permanente.
Présente à Tabou, l’Interprofession a, par la voix de son Président, le Ministre Henri César Damalan, PCA de l’AIPH, salué une avancée historique. « Pour l’AIPH, ce programme est une bouffée d’oxygène pour toute la chaîne de valeur. Il va permettre de sécuriser l’approvisionnement des huileries en régimes, de réduire les pertes post-récolte et d’améliorer significativement la compétitivité de l’huile de palme ivoirienne sur le marché continental », indique un document de presse.
Soulignant que le PCA de l’AIPH a tenu à exprimer la satisfaction de l’ensemble des collèges de l’interprofession et a assuré de l’engagement de l’AIPH à accompagner le CHPC pour la pérennisation des ouvrages. Même son de cloche chez les producteurs, révèle le document, qui note que Takouo Raymond, porte-parole des coopératives de Tabou, a résumé le sentiment général : « Chaque planteur sait ce que coûte une piste impraticable. Ce n’est pas un luxe, c’est une question de vie, de revenu et de santé pour des milliers de familles ».
Avec ce programme, le CHPC apporte une solution durable à la principale contrainte logistique des filières Palmier, Hévéa et Coco, et confirme son engagement à garantir le revenu du planteur et la compétitivité d’un secteur qui fait de la Côte d’Ivoire le 2ème producteur africain et 1er exportateur d’huile de palme. Pour rappel, ce vaste programme national est une réponse concrète à une doléance vieille de plusieurs décennies.
G. De Gnamien




