Deux ou trois semaines déjà écoulées que l’Institut des Sciences et Techniques de la Communication (ISTC)Polytechnique, soutenu par le ministère de la Communication, appelait la nation à… sa mémoire.
En organisant une journée des archives. Belle initiative illuminée par deux discours majeurs. L’un du Directeur général de l’Istc Polytechnique et l’autre du Ministre de la Communication. Tous deux mirent en lumière l’importance des archives. D’un mot, de notre mémoire collective transcrite et transmise sur papier.
Notre patrie est une nation en construction. Il nous faut la poser sur une base solide. Une fondation ferme que le moindre frémissement de l’air ne fait pas s’effondrer.
La mémoire en est le socle et les archives le joint qui en rassemble et lie durablement les différentes parties.
Une journée consacrée aux archives nous rappelle à notre devoir de mémoire. C’est un premier pas d’importance vers ce que nous étions hier, d’où nous venons. Passé dont la connaissance conditionne la conscience d’où nous allons.
La Journée des Archives est surtout un appel à rassembler notre mémoire pour en faire la lumière venue d’hier qui éclaire le chemin de demain. Mais elle pose une question : quel est l’état de nos rapports à nos titres, documents, dossiers, lettres, manuscrits anciens conservés pour leur valeur historique, juridique, etc. ?
Il se dit, depuis de longues années, que les Ivoiriens ne lisent pas ou n’aiment pas lire. Comment accomplir son obligation mémorielle quand on est en conflit avec la lecture ?
On le sait aussi : une partie importante de nos archives est encore au-dehors de nos frontières nationales. Au Sénégal, par exemple, ancienne capitale de l’Afrique de l’Ouest Française (AOF) dont la Côte d’Ivoire faisait partie.
En France aussi et même un peu partout à travers le monde. Des amis qui s’intéressent à l’histoire du pays n’ont pu retrouver des documents de la plus haute importance qu’au bout de longs voyages jusqu’à certaines grandes bibliothèques étrangères : les minutes de nos grands procès, les rapports de grands événements nationaux, etc.
Quand nous usions encore le fond de nos pantalons à la rédaction de Fraternité Matin, l’idée nous était venue d’écrire un article sur le pont Félix Houphouët-Boigny dont la rumeur annonçait l’inéluctable affaissement des pieds. La recherche des documents relatifs aux ponts Houphouët-Boigny et Général de Gaulle fut vaine. Une seule réponse ruina nos espoirs : tous les papiers sont à l’étranger. Conservés ou gardés en France.
Et puis, quand même on brûlerait du désir d’accomplir notre devoir de mémoire, où trouver nos archives ? La bibliothèque nationale ? Existe-t-elle encore vraiment ? Celles des universités nationales ? Que de nom. Les réponses et les questionnements ne sont pas exhaustifs. Loin s’en faut !
Mais rêvons. En dépit de tout. Que la Journée des Archives soit le point de départ d’un engagement fort de toute la nation pour sa mémoire.
ZIO MOUSSA




