Le visage de Boundiali à l’horizon 2040 se précise. Ce mercredi 21 octobre 2026, la commune, chef-lieu de la région de la Bagoué, a franchi une étape décisive dans sa mue.
Dans une salle comble, réunissant conseillers municipaux, présidents de mutuelles de développement et cadres de la localité, des experts de la Banque mondiale venus de Suisse ont restitué les études du projet « Boundiali, Vision 2040 ». Un projet soutenu par l’institution de Bretton Woods dans le cadre du Projet de Développement Durable et Inclusif des Villes Secondaires (PDDIVS).
Depuis 2018, sous l’impulsion de sa député-maire, la professeure Mariatou Koné, la ville connaît une transformation que beaucoup, à Abidjan, citent en exemple. Socio-anthropologue de formation, l’élue met en oeuvre, méthodiquement, la vision présidentielle pour le septentrion. Vision 2040 en est la traduction la plus ambitieuse.
Deux documents structurent cette ambition : le Plan d’Urbanisme Directeur (PUD) et le Plan Stratégique de Développement Économique Local (PSDEL). Plus qu’un simple plan d’urbanisme, il s’agit, selon les mots de Benoit Chaligné, expert consultant urbaniste de la Banque mondiale, « d’un outil pour renforcer les capacités financières au niveau communal d’ici à 2040, tout en s’appuyant sur la vision et les aspirations des résidents et originaires ».
L’ambition est claire : faire de Boundiali un pôle agro-industriel de référence. « Une ville où les citoyens peuvent bénéficier aisément de la plus-value de leurs productions agricoles », a précisé Youssef Samlali, directeur associé au bureau d’études urbaplan international, à Lausanne, co-auteur du plan. Au coeur du dispositif, la création d’un Institut des métiers de l’agriculture, à vocation sous-régionale, qui devrait attirer des apprenants de plusieurs pays.
Mais cette ambition se heurte à un obstacle majeur, identifié par les experts : la pression foncière et la prolifération des lotissements anarchiques. Un risque de nature à compromettre l’exécution du Plan d’Urbanisme Directeur.
C’est tout le sens de l’appel lancé par la première magistrate. Pour la Professeure Mariatou Koné, la préservation du foncier est la condition sine qua non de ce futur. « Le développement n’est possible que si nous disposons de foncier. Nous devons faire barrage aux lotissements anarchiques afin de pouvoir laisser quelque chose à nos enfants et nos petits-enfants », a-t-elle insisté, invitant chaque habitant à agir à son niveau.
Et de conclure : « Que chacun pense à l’avenir, pour le rayonnement de Boundiali. » Un message clair : la vision 2040 ne sera réalité que si elle devient une responsabilité partagée.
Joel Abalo




