LITIGE FONCIER À ANYAMA 4 CROIX / Touré Ahmed Bouah et Mory Soumahoro se contredisent !

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Depuis 2002, le nom de Touré Ahmed Bouah revient avec insistance dans le milieu du foncier à Abidjan. Le Pdg de Sophia Sa est aujourd’hui au cœur d’un bras de fer judiciaire qui illustre les failles du foncier ivoirien.


Tout commence par un conflit à 1,79 milliard Fcfa. Le 3 septembre 2026, à Cocody Deux-Plateaux, l’entreprise Estp de Mory Soumahoro et sa partenaire Ouattara Ahoua ont animé une conférence de presse. Ils accusent Touré Ahmed Bouah de « faux et usage de faux suivis d’escroquerie » portant sur 1,79 milliard Fcfa investi sur un site à Anyama-Adjamé 4 Croix.


Selon leur version, Estp aurait travaillé pendant 6 ans à la demande de 7 familles villageoises pour aménager 72 hectares. C’est après cela que Touré Ahmed Bouah serait apparu avec un Acd sur 346 hectares, englobant leur site. Une convention aurait alors été signée : 6 000 lots à partager, 3 000 chacun, avec mandat pour Estp de commercialiser même les lots de Sophia Sa à 8 millions l’unité.


«J’ai eu confiance en lui. Je l’ai pris comme mon grand frère. Mais il m’a trahi», a déclaré Mory Soumahoro. Une plainte a été déposée le 17 août 2026 au Pôle pénal économique et financier (Ppef).


Face à ces accusations, Touré Ahmed Bouah donne une tout autre lecture du dossier. Le 9 septembre 2026, au Palm Club Hôtel, accompagné du chef du village de 4 Croix Amon Siméon, il a répondu. Il conteste tout faux. Selon lui, Sophia Sa détient légalement 629 hectares dans le cadre du projet Akwaba City, concédé par l’État. Sur cet ensemble, 300 hectares auraient été confiés à Estp avec un délai de 36 mois.


Le cœur du litige, selon lui, est géographique : « La véritable question est de savoir si les travaux ont été exécutés là où le mandat les autorisait ». Il s’appuie sur une expertise géoréférencée d’un géomètre-expert agréé qui établirait que les travaux d’Estp ont été réalisés sur une autre assiette que celle du mandat. Il brandit aussi une correspondance du chef de village datée du 25 novembre 2025 alertant Estp.


Dès lors, une question se pose : comment un opérateur cité depuis 2002 dans plusieurs conflits fonciers à Abidjan continue-t-il d’opérer ? Le 18 septembre 2026, un face-à-face public était prévu à Anyama 4 Croix devant les propriétaires coutumiers, avec sécurisation par la force publique. Touré Ahmed Bouah ne s’est pas présenté. « Il a fui le débat », a dénoncé Mory Soumahoro qui exige toujours une confrontation devant la chefferie.


D’un côté, un aménageur qui dit avoir posé 3 500 poteaux et engagé 1,79 milliard. De l’autre, un opérateur qui dit avoir confié un mandat non respecté et qui a saisi le tribunal d’Abobo, lequel s’est déclaré incompétent.
Dans cette affaire, il n’y a pas encore de coupable désigné par la justice. Il y a deux versions diamétralement opposées, et des milliers de familles qui attendent leurs lots.


La question n’est plus de dénoncer un homme, mais d’interpeller l’État : quand l’expertise technique et le Ppef trancheront-ils définitivement le cas Anyama 4 Croix pour que le foncier cesse d’être une jungle ?

Zazié Yao Gouawié
Fils de Konahari

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