La Direction de la Communication du Dr Ahoua Don Mello a clarifié, ce mercredi, la ligne politique de l’ancien ministre. Dans une mise au point publiée après l’émission « Le Grand Débat » sur Télésud, l’entourage de Don Mello acte une rupture consommée avec le PPA-CI de Laurent Gbagbo et dessine les contours d’un projet souverainiste autonome.
Le divorce remonte à mai 2026. En cause : la stratégie adoptée par le PPA-CI lors de la présidentielle de 2025. Pour Dr Ahoua Don Mello, la politique de la « chaise vide » et du boycott était « politiquement contre-productive ». Plutôt que de « faire miroiter aux militants une candidature dont l’invalidation apparaissait prévisible », il dit avoir plaidé pour des alternatives de participation. Un désaccord stratégique qui a précipité son départ.
Face aux critiques sur son poids politique, son équipe oppose des chiffres. Malgré un contexte jugé difficile, Dr Don Mello affirme avoir fait valider ses parrainages sur l’ensemble du territoire et recueilli plus de 90 000 suffrages d’adhésion. « Ce capital politique ne relève ni de l’héritage ni de la circonstance », insiste le communiqué, qui rappelle quarante années d’engagement « au service de la gauche ivoirienne ».
Le projet porté se veut en rupture avec les « querelles d’appareils ». Il se définit comme une « gauche de transformation, pragmatique et moderne », axée sur la souveraineté économique, la transformation locale des ressources et l’ouverture vers les BRICS. L’objectif affiché est de rassembler « la majorité silencieuse », notamment une jeunesse en quête de « solutions concrètes » et non de « promesses ».
Pour asseoir cette légitimité, Dr Ahoua Don Mello annonce une tournée nationale « dans les semaines à venir ». Le message est clair : « La légitimité ne se décrète ni sur les plateaux de télévision ni dans les états-majors politiques. Elle se construit sur le terrain, au contact des populations ».
Avec cette sortie, l’ancien proche de Laurent Gbagbo tourne la page des clarifications. « Le temps de la construction. Place au temps du rassemblement. Place au temps de la Renaissance souverainiste », conclut le texte signé d’Ahile Fernand, Directeur de la Communication.
Cette prise de position rebat les cartes à gauche, à un an d’échéances locales majeures. Elle installe surtout Dr Ahoua Don Mello dans une posture d’alternative, hors du duel traditionnel pouvoir-opposition historique.
J. Abalo




