PPA-CI / Gbagbo fait une autre promesse à ses partisans

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«Je déléguerai mes pouvoirs après les congrès des jeunes et des femmes »

Les déclarations de l’ancien président ivoirien et actuel président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, continuent d’alimenter le débat politique national, oscillant entre annonces de retrait progressif et réaffirmation de son rôle central dans la conduite du parti. Une posture qui, au fil des prises de parole, laisse entrevoir une stratégie politique pour le moins fluctuante, sinon contradictoire.

À l’occasion de la quatrième édition de la Fête de la Renaissance, tenue le samedi 16 mai 2026, l’ancien chef de l’État a une nouvelle fois surpris ses partisans en annonçant son intention de déléguer ses pouvoirs après l’organisation des congrès des jeunes et des femmes du parti. « Je vais organiser le congrès des jeunes et des femmes. Après ces congrès, je vais déléguer les pouvoirs du président. Mais attention, je n’ai pas dit que je vais nommer mon successeur », a-t-il précisé, comme pour anticiper toute lecture trop hâtive de ses propos. Cette déclaration, qui se veut apaisante et structurée, s’inscrit pourtant dans une série de prises de position qui, depuis plusieurs mois, entretiennent une forme d’ambiguïté politique. En effet, l’ancien président avait déjà laissé entendre, en octobre 2025, son intention de se retirer progressivement de la présidence du parti à l’issue des élections législatives. Plus récemment encore, lors d’une session extraordinaire du comité central tenue le 7 mai 2026, il affirmait au contraire : « Je reste avec vous pour continuer le combat », marquant un revirement notable de posture. Cette succession d’annonces contradictoires soulève inévitablement des interrogations sur la lisibilité de la stratégie politique du leader du PPA-CI. S’agit-il d’une méthode de gouvernance fondée sur la temporisation et l’ajustement permanent ? Ou d’une difficulté réelle à amorcer une transition politique claire et assumée au sein de son parti ? Dans tous les cas, cette valse de positions successives nourrit une perception d’instabilité dans le discours, laissant ses partisans eux-mêmes dans une forme d’attente permanente, suspendus aux prochaines déclarations susceptibles de redéfinir, une fois encore, les contours de son engagement. Par ailleurs, cette ambiguïté intervient dans un contexte politique marqué par de fortes attentes en matière de clarification des rôles et de renouvellement des leaderships. À ce titre, les promesses de délégation de pouvoir, même formulées avec prudence, apparaissent comme des signaux politiques dont la portée reste incertaine tant qu’elles ne sont pas suivies d’actes concrets et irréversibles. Au-delà de la question organisationnelle, Laurent Gbagbo a également profité de cette tribune pour réaffirmer ses positions sur les libertés publiques, dénonçant ce qu’il considère comme des restrictions de la liberté d’expression et la situation des détenus d’opinion. Des prises de position qui, fidèles à son style politique, continuent de mobiliser une base militante sensible à son discours de résistance et de contestation. Toutefois, cette capacité à occuper simultanément plusieurs registres — celui du retrait annoncé et celui de l’engagement renouvelé — contribue à installer une forme de paradoxe politique permanent. Un paradoxe dans lequel le leader affirme préparer la relève tout en demeurant, dans les faits comme dans le discours, l’axe central autour duquel s’organise la vie du parti.En définitive, au-delà des effets d’annonce et des intentions affichées, demeure une question essentielle : celle de la cohérence politique et de la clarté du cap. Car à force de repousser l’échéance d’un retrait clairement assumé, le risque est de transformer une transition annoncée en une promesse perpétuellement différée.

Zié Koffi

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