Le DG rassure les producteurs détenteurs de reçus établis à 2.800 F
Une rencontre d’information et de sensibilisation des acteurs de la filière café-cacao s’est tenue le mercredi 13 mai 2026 au foyer des jeunes de M’Batto. L’initiative est portée par le Conseil Café-Cacao, dans un contexte marqué par des tensions liées à la campagne intermédiaire de commercialisation du cacao. Cette rencontre intervient après des mouvements de protestation enregistrés les 7 et 8 mai 2026 dans le département du Moronou. Des producteurs avaient exprimé leur mécontentement face aux difficultés de paiement et à la baisse du prix bord champ du cacao, passé à 1 200 FCFA le kilogramme dans le cadre de la campagne intermédiaire.
Selon les informations recueillies, la crise trouve également son origine dans la situation des reçus de vente établis entre novembre et décembre 2025, ainsi que durant les deux premières semaines de janvier 2026. À cette période, le prix du cacao était fixé à 2 800 FCFA le kilogramme. Ces reçus sont aujourd’hui au centre des revendications des producteurs. Des manifestations avaient alors éclaté, marquées par des grèves, des barricades et des affrontements dans certaines localités, traduisant la tension autour de la commercialisation et des impayés. Face à cette situation, les autorités administratives, les responsables du Conseil Café-Cacao, les coopératives et les producteurs ont opté pour le dialogue afin de ramener le calme et préserver la stabilité dans cette zone de forte production agricole.
Au cours des échanges, les représentants des producteurs du Moronou, notamment Ehouman Augustin et Felé Franck, ont exposé leurs préoccupations. Ils ont insisté sur la nécessité de clarifier le traitement des anciens reçus. « Les 1 200 francs ne posent aucun problème. Ce qui pose difficulté, ce sont les reçus établis à 2 800 francs entre novembre et décembre 2025 et les deux premières semaines de janvier 2026. Nous demandons le règlement de la différence », ont-ils indiqué. Intervenant à son tour, le Directeur général du Conseil Café-Cacao, Yves Brahima Koné, a apporté des précisions sur la situation de la commercialisation et sur les mécanismes de paiement. Il a rappelé que la commercialisation du cacao reste soumise aux fluctuations du marché international et que la campagne intermédiaire s’effectue désormais au prix de 1 200 FCFA le kilogramme, soutenu par une mesure de stabilisation de l’État.
Concernant les anciens engagements, il a expliqué que les producteurs détenteurs de reçus établis à 2 800 FCFA seront payés sur la base de ce prix, correspondant à la période d’achat effectuée entre novembre 2025 et janvier 2026. Les autres producteurs seront réglés au prix actuel de 1 200 FCFA le kilogramme.
« La commercialisation de nos matières premières est complexe. Nous travaillons à organiser l’évacuation des stocks pour fluidifier le marché », a-t-il déclaré, précisant que 123 000 tonnes de cacao ont été recensées dans les magasins et que 100 000 tonnes devraient être progressivement évacuées. Le préfet de la région du Moronou, Dongo Kobenan, a pour sa part appelé à l’apaisement et à la responsabilité des différentes parties. Il a encouragé le recours au dialogue institutionnel pour le règlement des différends. « Nous avons connu des tensions, mais il est important de privilégier le dialogue pour éviter l’escalade », a-t-il indiqué, tout en reconnaissant l’existence des préoccupations des producteurs.
À l’issue de la rencontre, un climat d’apaisement s’est installé progressivement à M’Batto. Les échanges entre producteurs, coopératives et autorités ont permis de clarifier les positions et de relancer le dialogue autour des préoccupations liées à la commercialisation du cacao. Cette rencontre a réaffirmé la nécessité d’un cadre permanent de concertation entre les acteurs de la filière, afin de préserver la stabilité et la paix sociale dans le département de M’Batto.
TKF, Correspondant




