PDCI : La présidence de Tidjane Thiam de nouveau contestée devant la justice

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Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire est une nouvelle fois rattrapé par une crise interne à forte charge politique et juridique. Une assignation en justice, introduite par le militant et membre du Bureau politique Siaba Antoine Constant, remet frontalement en cause la légalité de la désignation de la direction actuelle du parti, ravivant ainsi les tensions au sein de la vieille formation politique.

Selon l’acte de commissaire de justice signifié à Abidjan, le requérant agit contre le PDCI-RDA en tant que personne morale de droit privé, représentée par sa direction exécutive. L’assignation a été formellement déposée au siège du parti à Cocody, en présence d’un représentant de la direction exécutive.

Au cœur de la contestation, la légitimité de l’élection du président du parti, Tidjane Thiam, élu à une large majorité lors d’un congrès extraordinaire. Si cette élection avait été présentée par ses partisans comme un moment de renouveau et de consolidation, elle est aujourd’hui contestée sur le terrain judiciaire par une partie des militants qui estiment que les conditions de sa désignation demeurent juridiquement fragiles.

Dans sa requête, Siaba Antoine Constant ne se limite pas à une critique procédurale. Il demande explicitement l’annulation des décisions issues du congrès extraordinaire, la nullité de l’élection de Tidjane Thiam, ainsi que la constatation d’une vacance à la tête du parti. Une démarche qui, selon plusieurs observateurs internes, traduit une volonté de “remettre à plat toute la gouvernance actuelle du parti”.

Cette nouvelle procédure s’inscrit dans une série de contestations internes. En mars 2026, Tchétché Abié Charles avait déjà saisi la justice pour contester la régularité du congrès ayant porté Tidjane Thiam à la présidence. Avant lui, Valérie Yapo avait également engagé une action judiciaire similaire, plongeant le parti dans une spirale de contestations successives.

Au-delà des questions juridiques, le débat prend une tournure politique. Le requérant met en avant l’absence prolongée de Tidjane Thiam du territoire national, estimant que cette situation constitue un “empêchement réel à l’exercice des responsabilités politiques quotidiennes”, notamment la coordination des instances et la direction effective du parti.

Dans les rangs du PDCI-RDA, les réactions oscillent entre prudence et fermeté. Un cadre du parti, sous couvert d’anonymat, estime que “ces procédures répétées ne sont qu’une tentative de déstabilisation interne sans fondement solide”, ajoutant que “le parti a déjà fait face à des contestations similaires qui n’ont pas prospéré devant la justice”.

D’autres responsables, plus critiques, appellent à “une clarification urgente des textes internes” afin d’éviter que le parti ne soit “constamment exposé à des batailles judiciaires qui affaiblissent son image et son unité”.

Alors que le PDCI-RDA tente de se positionner comme une force politique majeure dans le paysage ivoirien, cette nouvelle affaire met en lumière une réalité plus profonde : celle d’un parti encore traversé par des luttes d’influence, où la bataille juridique devient un prolongement direct de la confrontation politique.

Dans ce contexte, une phrase revient dans les couloirs du parti : “Le PDCI ne peut pas être à la fois dans les tribunaux et dans la conquête du pouvoir.” Une formule qui résume, à elle seule, l’ampleur du défi auquel fait face la formation politique historique.

Prince B

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