Élections en Côte d’Ivoire : Ce qui explique le manque d’intérêt des ivoiriens aux différents scrutins

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Ce n’est un secret pour personne, l’on assiste à un désintérêt des populations lors des scrutins et une baisse de participation électorale en Côte d’Ivoire. Les raisons invoquées, la tricherie et surtout, le manque de culture du vote des populations, majoritairement composées, dit-on, d’analphabètes. Les tenants de ces thèses affirment que les jeunes, en particulier, boudent les urnes par déception, estimant que le vote n’apporte pas de changements concrets.

Mais, sur cette question essentielle, Vincent Toh Bi, président de Aube Nouvelle et ancien Préfet d’Abidjan fait une autre lecture. Pour lui, les partis politiques ivoiriens ne font plus rêver. « 10,11 %, c’est le taux de participation aux dernières élections législatives dans la très chic Commune de Cocody, à Abidjan. C’est le plus faible taux de participation de toute la Côte d’Ivoire », a-t-il planté le décor. Soulignant que, Cocody est la circonscription où il y a plus de lettrés en Côte d’Ivoire.

De l’aveu de Vincent Toh Bi, tous les anciens Présidents, tous les Ministres présents et passés, tous les Directeurs Généraux, tous les Chefs de Service, tous les Chefs de Partis politiques sérieux, tous les hommes d’affaires, tous ceux qui sont très ou moyennement importants en Côte d’Ivoire, vivent à Cocody. Et pourtant, a-t-il déploré, on ne vote presque pas à Cocody.

«Sur 279.785, ce sont 28.279 électeurs, soit 10,11 % des électeurs qui sont allés voter le 27 décembre 2025, aux élections législatives. C’est même un chiffre en inquiétante baisse. En 2021, aux élections législatives, le taux de participation avait été de 14,45 % », a rappelé Vincent Toh Bi Irié qui estime que l’argument selon lequel la tricherie serait l’une des principales raisons de ce désenchantement politique est loin de résister à l’analyse. « A Cocody, les vieux fonctionnaires retraités, qui parlent bien le français et qui connaissent le droit veillent aux alentours des bureaux de vote.

Ils ont tout leur temps pour observer et pour réunir les preuves contre vous, en cas de flagrante tricherie. Donc, les Partis apprennent à rester modestes dans la tricherie, sans tenter d’excessives grossièretés électorales comme dans certaines Régions », s’est-il convaincu. Certains observateurs sont d’avis avec l’ancien Préfet d’Abidjan pour soutenir que la tricherie ne saurait être la cause de ce désamour des ivoiriens aux élections. Pour eux, les causes sont à rechercher ailleurs.

Et ils pointe, prioritairement, la crise meurtrière consécutive à la présidentielle de 2010 qui a laissé de profonds stigmates de traumatismes chez nombre d’ivoiriens. Et depuis lors, les crises à répétition ont fini par donner une image violente de la politique en Côte d’Ivoire. Il faut commencer par apaiser les cœurs et mettre les ivoiriens en confiance par des actes forts.

G. De Gnamien

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