Cacao en souffrance

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Blondé Obed : «Les 2 800 FCFA doivent être payés pour ces stocks résiduels…»

La question des stocks résiduels de cacao continue d’alimenter les inquiétudes dans la filière café-cacao en Côte d’Ivoire. Réunis en conseil d’administration ce mercredi 18 mars 2026 à Abidjan-Cocody, les membres de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) café-cacao ont abordé de front ce dossier sensible.

À l’issue des travaux, le troisième vice-président de l’organisation, Doua Blondé Obed, a livré un message rassurant. « La réalité est claire : sur les 100 000 tonnes de cacao résiduel identifiées, une partie a été enlevée, mais il reste encore entre 55 000 et 60 000 tonnes en attente.

C’est une situation que nous suivons avec la plus grande attention », a-t-il déclaré, sans détour. Pour lui, il ne s’agit pas seulement d’un problème technique ou logistique, mais d’un enjeu crucial pour la stabilité sociale dans les zones de production. Dans un ton résolument engagé, Doua Blondé a insisté sur la responsabilité collective : « Nous sommes une institution. Notre rôle est de faire en sorte que les producteurs travaillent dans la sérénité. Il n’est pas question de laisser planer le doute. Les planteurs doivent être payés. Ils ont travaillé, ils ont produit, ils doivent percevoir leur dû ».

L’OIA affirme toutefois disposer de garanties solides de la part des autorités ivoiriennes. « L’Assemblée nationale est saisie du dossier, la Primature est informée, et le président de la République, Alassane Ouattara, suit cette question avec une attention particulière. Nous avons l’assurance que la totalité des 100 000 tonnes sera enlevée dans les jours à venir », a-t-il martelé. Cette promesse est d’autant plus attendue que l’État ivoirien a déjà consenti un effort financier considérable.

Face au ralentissement de la commercialisation du cacao, une enveloppe de 280 milliards de FCFA a été mobilisée pour racheter les stocks invendus au prix garanti de 2 800 FCFA le kilogramme. Une mesure saluée par les acteurs de la filière, mais dont la mise en œuvre reste incomplète. « Ce que demandent les producteurs est simple : que les engagements soient respectés. Les 2 800 FCFA doivent être payés pour ces stocks résiduels. C’est une question de justice et de crédibilité », a insisté Doua Blondé, appelant à une accélération du processus.
Parallèlement, la baisse du prix du cacao dans le cadre de la campagne intermédiaire, désormais fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, suscite des réactions mitigées. « Les producteurs comprennent la conjoncture, mais passer de 2 800 à 1 200 FCFA est un choc. Malgré cela, ils continuent de produire et de vendre. C’est un signe de responsabilité qu’il faut saluer », a-t-il souligné. Dans ce contexte, le président de l’OIA, Siaka Diakité, multiplie les démarches auprès des autorités pour faire aboutir ce dossier dans les meilleurs délais.

L’organisation insiste également sur la nécessité d’une communication responsable pour éviter toute tension inutile sur le terrain. « Il faut préserver la paix sociale dans nos campagnes. Mais cette paix passe par des actes concrets. Les producteurs attendent des résultats, pas seulement des promesses », a conclu Doua Blondé avec fermeté. Alors que la filière café-cacao demeure un pilier essentiel de l’économie ivoirienne, l’issue de cette situation sera déterminante pour la confiance des planteurs et la stabilité du secteur.

Prince B

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