Longtemps rêvé, le bitume est arrivé. L’axe Blolequin-Toulepleu-frontière du Liberia est aujourd’hui bitumé jusqu’à Pekan-Houebly et au pont métallique sur la rivière Tanhi, à la frontière ivoiro-libérienne. Une promesse de campagne de 2009 devenue réalité.
Au-delà du ruban noir, c’est toute l’économie du Cavally qui renaît. Ces 62 km désenclavent la région, ouvrent un corridor vers le Liberia et facilitent l’écoulement du cacao et du vivrier. Un nouveau pont enjambe déjà le fleuve Cavally à Sahibly. « C’est du concret. C’est pour ça qu’on a voté massivement pour le Président », résume Péhé Gildas, habitant de Toulepleu. L’histoire remonte à octobre 2009.
Candidat du RDR, Alassane Ouattara sillonne une région alors acquise à Laurent Gbagbo. Pour rallier Toulepleu depuis Blolequin, son cortège met plus de quatre heures sur une piste impraticable. Des 4×4 rebroussent chemin.Arrivé sur la place qui porte aujourd’hui son nom, il range son discours.
Devant la foule et en présence d’Anne Ouloto, alors porte-parole locale du parti de feu Djéni Kobénan, il promet : bitumer la route et construire un pont sur le Cavally.Beaucoup crient à l’illusion électorale. Le déclic intervient le 3 octobre 2015. Le projet est lancé par Daniel Kablan Duncan, alors Premier ministre. Malgré les contraintes du relief, le chantier avance. « Le Président fait ce qu’il dit. Il respecte sa parole », martèle la Ministre d’Etat Anne Désirée Ouloto Lamizana.
Dans une ancienne zone bastion de l’opposition, le développement a fait basculer les cœurs. Les populations, qui ont massivement voté pour Alassane Ouattara à la présidentielle du 25 octobre 2025, voient dans cette route la preuve que la parole donnée peut devenir du goudron.
J. Abalo




