À Harare, au Zimbabwe, le Dr Philippe Kouakou N’DRI porte la voix de la Côte d’Ivoire et du continent. Invité de l’Union africaine, le Secrétaire Général du Fonds de Développement de la Formation Professionnelle (FDFP) et Président du Réseau africain des institutions et fonds de formation professionnelle (RAFPRO) impose, dès la première journée de l’Africa Skills Week 2026, une vision claire : l’intelligence artificielle ne doit pas remplacer l’humain, elle doit l’augmenter.
C’est dans la capitale zimbabwéenne, où se tient l’édition 2026 de la Semaine africaine des compétences, que se joue en ce moment une partie décisive de l’avenir du travail en Afrique. Organisée annuellement par l’Union africaine, l’Africa Skills Week est devenue le rendez-vous incontournable des décideurs, des experts, des partenaires techniques et financiers et des acteurs de la formation professionnelle.
Elle s’inscrit pleinement dans la dynamique de réalisation des ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, en faveur d’un développement inclusif et durable du continent. Cette année, le thème choisi place le continent au cœur d’une mutation mondiale : l’avenir des compétences à l’ère de l’intelligence artificielle.
Au centre des réflexions de cette première journée, une figure s’est imposée : le Dr Philippe Kouakou N’DRI, Secrétaire Général du FDFP et Président du RAFPRO. À la tête du FDFP ivoirien et du RAFPRO, il est venu à Harare avec une conviction forte et un document de référence : la Déclaration d’Abidjan du 10 décembre 2025 sur l’intelligence artificielle et les compétences. Un texte qui, depuis son adoption, sert de boussole aux institutions africaines de formation dans leur adaptation à la révolution numérique.
Dans ce contexte, et dès l’ouverture des travaux, le ton est donné. Le Dr N’DRI a multiplié les rencontres de travail de haut niveau. Il s’est entretenu avec Amaury Hoste, de la Direction générale des partenariats internationaux de la Commission européenne (DG INTPA), ainsi qu’avec Mme Christine Hofmann, du Bureau régional de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Ces échanges, menés dans un esprit de dialogue et de coopération, ont porté sur les enjeux de développement des compétences en Afrique, sur les nouveaux partenariats à construire et sur les moyens de renforcer l’employabilité des jeunes et des travailleurs. Ils confirment la place centrale du FDFP et du RAFPRO dans l’architecture continentale de la formation professionnelle.
Au-delà de cette diplomatie active, c’est lors du panel de haut niveau intitulé « L’avenir des compétences à l’ère de l’intelligence artificielle : la technologie et le supplément humain » que le Secrétaire Général du FDFP et Président du RAFPRO a le plus marqué les esprits. Devant un parterre d’experts venus de tout le continent, il a présenté les principales orientations de la Déclaration d’Abidjan, en mettant l’accent sur ses implications concrètes pour les politiques de développement des compétences et pour les mécanismes de financement de la formation professionnelle.
À travers cette intervention, son message est apparu à la fois lucide et ambitieux. Il a plaidé pour une utilisation responsable de l’intelligence artificielle, pour le renforcement des capacités numériques, pour la préservation de la souveraineté numérique africaine et pour un accès plus équitable aux nouvelles compétences.
Il a surtout insisté sur le rôle stratégique des institutions et des fonds de formation professionnelle dans l’accompagnement des entreprises et des travailleurs face aux mutations rapides du marché du travail, à l’automatisation de certaines tâches et à l’émergence de nouveaux métiers.
Dans le même esprit, pour le Dr N’DRI, la réponse de l’Afrique ne peut être ni technophobe, ni technolâtre. Elle doit conjuguer innovation technologique et valorisation des aptitudes proprement humaines : l’esprit critique, la créativité, le discernement éthique et le sens des responsabilités. Ce sont ces qualités, a-t-il souligné, qui permettront aux travailleurs africains de tirer profit de l’intelligence artificielle au lieu de la subir.
« L’Afrique ne doit pas choisir entre le progrès technologique et la valorisation de l’humain. Elle doit investir dans les deux, car c’est leur complémentarité qui fera de l’intelligence artificielle un levier d’employabilité, de compétitivité et de développement durable. »
Une phrase qui résume à elle seule la philosophie de la Déclaration d’Abidjan et qui a trouvé un écho particulier à Harare.
Au-delà du discours, cette vision appelle à une transformation profonde des systèmes de formation. Le Président du RAFPRO a appelé à une évolution des mécanismes de financement de la formation professionnelle, afin de mieux répondre aux besoins réels des économies africaines et de faire de l’intelligence artificielle un levier de transformation, plutôt qu’un facteur supplémentaire d’exclusion. Il s’agit, selon lui, de financer autrement, de former autrement et d’anticiper les compétences de demain.
En définitive, à Harare, par la voix du Dr Philippe N’DRI, Secrétaire Général du FDFP et Président du RAFPRO, la Côte d’Ivoire, à travers le FDFP, et l’Afrique, à travers le RAFPRO, affirment ainsi leur volonté de ne pas subir la révolution de l’intelligence artificielle, mais de la piloter, au service de l’humain.
J. Abalo




