La presse ivoirienne a souvent eu mauvaise presse. À raison. Son implication dans la grave crise ivoirienne reste encore vive dans la mémoire collective nationale. Mais, faut-il, pour autant, la réduire, ad vitam aeternam, à cette parenthèse de grand malheur même celle-ci reste encore mal cicatrisée ? Non ! Il faut l’aider à ne plus recommencer. Et relever et révéler ce qu’elle fait de bien. Surtout.
Lebanco.net vient d’en donner la meilleure illustration. Ayé Abéhi Jacques a aujourd’hui 84 ans. L’âge du naufrage, côté santé, pour beaucoup. Même pour un grand champion de sport qui a illuminé des sommets. Ayé Abéhi Jacques a été champion africain du javelot.
Un grand athlète qui, au point culminant de sa gloire, en même temps qu’il gravait son nom en lettres d’or dans le marbre des meilleurs sportifs, a porté haut la Côte d’Ivoire qu’il a inscrite cette décennie-là (1970) au panthéon des grandes nations du sport. Service rendu à la nation dont il a amplement mérité.
Mais, l’immuable temps qui nous regarde passer -jamais le temps ne passe, c’est nous qui passons- jette trop souvent hélas ! le voile épais de l’oubli même sur les plus grandes lumières. Ainsi, peut-être, d’Ayé Abéhi Jacques qui était pourtant encore des nôtres mais dont l’éclat ne brillait plus vraiment.
Le journal numérique lebanco.net l’a ramené la lumière. Sa rubrique « Que sont-ils devenus » qui remonte le temps des anciennes gloires a consacré à l’ancien champion du javelot une édition. Pas pour se repaître de ses douleurs, mais plutôt à la manière d’un SOS. Et ça a marché.
L’article sobrement écrit, qui n’accusait personne et ne faisait de morale à personne a atteint son objectif : attirer l’attention de la communauté nationale en général et, en particulier, du décideur public (ici l’autorité sportive) sur ce qu’était devenue cette fierté nationale. Un premier pas a déjà été posé : « Le ministère des Sports a dépêché une délégation auprès de la légende de l’athlétisme, à Koumassi », lit-on dans son édition de ce jeudi 08 octobre 2026. « Monsieur le Ministre des Sports a été saisi de la situation de notre gloire.
Sensible à cela, il nous a immédiatement instruits de venir rencontrer le doyen et lui porter ses salutations », a expliqué le chef de la délégation mise en mission par le Ministre Adjé Silas Metch. « Je suis très heureux » a simplement répondu l’athlète Ayé Abéhi Jacques qui a remporté l’or aux Jeux africains de Lagos en 1973, puis à Dakar en 1979. Après avoir représenté la Côte d’Ivoire aux Jeux Olympiques de Munich en 1972 et de Montréal en 1976.
Quitte à le répéter et nous le répétons : quand le journaliste arrête d’aboyer avec les meutes fanatiques politiques, donne l’information sans esprit partisan en se faisant la voix des…causes sociales sans voix, il accomplit son devoir et, plus important, intègre sa mission première et absolue : être la conscience critique sociale.
Zio Moussa




