Futur organe électoral : 4 partis de l’opposition font connaître leurs propositions

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Quatre formations de l’opposition ivoirienne ont présenté, lundi 5 octobre 2026, une proposition commune au gouvernement sur la future gouvernance électorale. Portée notamment par le FPI, le PPA-CI et l’ADCI, cette démarche mise sur un organe électoral indépendant composé d’experts, ainsi qu’un mécanisme d’observation associant les partis politiques. L’objectif affiché : renforcer la transparence du processus, restaurer la confiance et prévenir les crises électorales.

« Les partis politiques de l’opposition avaient promis à M. le ministre de l’Intérieur, à la suite de la sollicitation qu’il nous a adressée, que nous allions nous concerter pour faire une proposition commune pour le nouvel organe électoral. Donc, ce processus a été mené au cours de sept semaines. Et donc, ce matin, nous sommes au ministère de l’Intérieur pour déposer la proposition de l’opposition, composée de quatre organes politiques », a déclaré d’emblée Pascal Affi N’Guessan au sortir du ministère de l’Intérieur.

Cette concertation, menée pendant sept semaines, a permis de rapprocher plusieurs propositions formulées par différentes composantes de l’opposition. Il s’agit notamment du Haut Conseil pour les élections, de la Commission électorale nationale indépendante ainsi que de la proposition portée par l’ADCI, Aujourd’hui et Demain la Côte d’Ivoire.

Ces différentes propositions ont été mises en commun avec celle du PPA-CI afin de dégager une architecture commune. Validée samedi après-midi, cette proposition a donc été officiellement remise au gouvernement ce lundi. Pour l’opposition, le futur système électoral doit rompre avec les mécanismes qui ont nourri, par le passé, les suspicions et les contestations.

Pascal Affi N’Guessan considère que la question de la confiance constitue le principal enjeu de la réforme. « Nous savons ce qui a été à la base des conflits électoraux en Côte d’Ivoire : l’absence de confiance, l’absence de légitimité de l’organe chargé des élections », a-t-il soutenu. La proposition commune repose ainsi sur deux principaux piliers. Le premier est la création d’un organe électoral débarrassé de toute influence politique directe. « Pour nous, la première exigence, c’est que l’organe chargé des élections soit un organe véritablement indépendant, neutre et impartial », a insisté le responsable politique.

Dans cette architecture, les partis politiques, le gouvernement et les pouvoirs publics ne devraient pas être représentés directement au sein de l’organe chargé d’organiser les élections. L’opposition préconise plutôt le recrutement d’experts spécialisés dans les questions électorales, à travers un appel à candidatures et selon des critères rigoureux.


L’objectif, selon Affi N’Guessan, est de permettre à ces professionnels d’exercer leur mission sans considération partisane, avec des contrats d’objectifs permettant d’évaluer leur travail. Le deuxième pilier proposé par les quatre formations concerne la création d’un organe d’observation. Celui-ci pourrait notamment intégrer des représentants des partis politiques et aurait pour rôle de suivre le déroulement du processus électoral.


Il pourrait interpeller l’organe électoral en cas de difficulté, formuler des recommandations et veiller au respect des principes de transparence et d’équité. Pour Pascal Affi N’Guessan, cette présence des acteurs politiques dans un mécanisme de contrôle est compatible avec l’indépendance de l’organe électoral. « La confiance n’exclut pas le contrôle », a-t-il martelé.


Cette formule résume, selon lui, l’équilibre recherché par l’opposition : confier l’organisation des élections à des professionnels indépendants tout en permettant aux acteurs politiques de surveiller le processus. Le dépôt de cette proposition ne marque cependant pas la fin des discussions. Les quatre formations souhaitent désormais que le gouvernement ouvre une nouvelle phase de concertation autour de leurs propositions.

Pascal Affi N’Guessan s’est félicité de l’ouverture du gouvernement, tout en appelant à aller plus loin. « Ensemble, nous puissions bâtir un organe consensuel qui garantisse la confiance », a souhaité le président du FPI. Pour les partis concernés, la réforme ne doit toutefois pas se limiter à la seule création d’un nouvel organe électoral.

Le Code électoral devra également être examiné. Le PDCI-RDA, faut-il le noter, n’a pas participé aux consultations ayant conduit à ce document commun. Le parti avait déjà transmis sa propre proposition au gouvernement. Pascal Affi N’Guessan ne considère toutefois pas cette situation comme définitive. Il estime que les prochaines étapes du dialogue pourraient permettre un rapprochement.

P. Bing et A.S

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