Le ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, Anne Désirée Ouloto-Lamizanam, a présidé, mercredi 30 septembre 2026, la grande rentrée du dialogue social dans l’Administration publique. La cérémonie s’est déroulée au 20ᵉ étage de l’immeuble SCIAM, au Plateau, en présence notamment du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, du ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, N’Guessan Koffi, ainsi que du ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis Moulot.
Cette rencontre intervient à moins d’un an de l’échéance de la trêve sociale signée le 8 août 2022 et qui doit arriver à son terme le 8 août 2027. Elle avait pour objectif de relancer les mécanismes de concertation entre le gouvernement, les organes de dialogue social et les organisations syndicales.
Dans son intervention, Anne Désirée Ouloto a insisté sur l’évolution des relations entre l’administration et les syndicats. Elle a souligné le choix d’une méthode fondée davantage sur l’écoute, la négociation et la médiation que sur la confrontation.
« Nous avons choisi l’écoute, la négociation, la médiation et le compromis lorsqu’il est possible. Et la poursuite du dialogue lorsque les positions ne peuvent pas encore se rejoindre », a-t-elle déclaré.
Préparer l’après-trêve sociale
La ministre d’État a également rappelé que la trêve sociale ne signifie pas la disparition des revendications syndicales. Selon elle, cette période doit plutôt permettre de préserver la paix sociale tout en maintenant les espaces de discussion.
« Cette trêve sociale n’a jamais eu vocation à faire taire les organisations syndicales ni à faire disparaître les revendications », a-t-elle affirmé.
À l’approche de 2027, le gouvernement entend procéder à une évaluation des engagements pris. Il s’agira notamment de faire le point sur les acquis, de mesurer les actions réalisées et d’identifier les dossiers qui restent en attente.
La question des primes et indemnités des fonctionnaires a également été évoquée. Anne Désirée Ouloto a indiqué qu’une étude avait été commandée par le gouvernement et confiée au Centre ivoirien de recherches économiques et sociales (CIRES). Elle a cependant précisé que les conclusions de cette étude ne constituent pas une décision gouvernementale.
« Les résultats de cette étude ne valent pas décision du gouvernement », a-t-elle expliqué, précisant que le document doit servir à mieux apprécier les attentes des fonctionnaires et à éclairer les décisions à venir.
Reprise des activités syndicales
Dans le cadre de cette relance, le Comité consultatif de la Fonction publique reprendra ses activités à partir du 15 octobre 2026. Les comités sectoriels de dialogue social des différents ministères sont également appelés à reprendre leurs travaux au cours du mois d’octobre, sous la présidence des ministres concernés.
Un comité de dialogue social dans la Fonction publique est par ailleurs annoncé pour novembre. Les organisations syndicales et faitières sectorielles souhaitant rencontrer la ministre pourront être reçues entre octobre et décembre 2026.
Prenant la parole au nom du G8, Soro Mamadou a salué la volonté du gouvernement de maintenir le dialogue. Le porte-parole des organisations syndicales a réaffirmé leur disponibilité à poursuivre les négociations, notamment sur les préoccupations liées aux primes et indemnités.
« La paix sociale ne se décrète pas, elle se construit autour d’une table par l’écoute, le respect, la négociation et la recherche patiente du compromis », a-t-il soutenu.
À l’issue de la rencontre, le chronogramme d’activités proposé par le G8, en concertation avec les différentes organisations syndicales, a été validé. Cette feuille de route doit structurer les échanges des prochains mois et préparer les discussions liées à l’après-trêve sociale.
P. Bing




