Qui a l’information a le pouvoir. On gouverne avec l’information. Raison pourquoi, entre autres, il se raconte que le journalisme est le quatrième pouvoir. Après l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire. En fait, c’est là une confusion. Ce n’est pas le journalisme – doute, interrogation et réflexion- qui est un pouvoir.
C’est sa matière première : l’information qui en est un. Le journaliste en fait un outil pour permettre à l’usager des médias de se faire sa propre opinion et commettre des choix éclairés.
Mais, pour informer, le professionnel des médias doit lui-même être informé, d’abord. Il devra donc rechercher et traiter l’information qu’il fait publier et/ou diffuser. Sa responsabilité qui fonde sa liberté est grande et engagée aussi bien dans le recueil que dans le traitement de l’information. La loi et les textes (code d’éthique et de déontologie) en font le socle de l’exercice du métier. Il n’y a pas de liberté sans responsabilité.
La troisième édition des Journées du droit d’accès à l’information publique – les professionnels des médias ne s’y sont pas, hélas ! précipités en bataillons – a consacré, voire sacralisé l’éminence de l’information publique comme fondamentale dans la gouvernance des hommes et de la République. Le droit d’accès à celle-ci, stipulé par la Constitution et mis à la charge de la Commission d’Accès à l’Information d’Intérêt Public et aux Documents Publics (CAIDP), est un droit humain capital, fondamental et fondateur.
Et selon notre « Trésor national », Anne-Marie Konan-Payne, « L’amorçage du processus d’élaboration de la Stratégie nationale de l’accès à l’information et aux documents d’intérêt public et général constitue la traduction majeure de cette vision. Cette stratégie ne saurait être sectorielle.
L’accès à l’information touche au fonctionnement de l’administration, aux archives, aux données et au numérique, à la recherche, aux médias, à l’économie, à la participation citoyenne comme à la qualité de la décision publique. Sa construction devra donc être transversale, inclusive et ancrée dans les réalités nationales. »
Les professionnels des médias, grand consommateur de l’information publique et de documents d’intérêt public et général, sont aux premières loges. Ils ont adressé, depuis 2015, cinquante demandes ou saisines à la CAIDP. Ils ont le devoir de s’approprier et de maîtriser les complexités du droit d’accès à l’information publique. La qualité de leurs productions et leur crédibilité en dépendent.
Zio Moussa




