Je l’avais égaré parmi plusieurs dizaines de livres de…proximité lus et relus des dizaines de fois. Mais voilà : RTI Plus de cinquante ans d’existence Voici le Journal Télévisé, de Ricardo Somonne, une célébrité de la télévision nationale, est retourné à mon chevet par un heureux hasard : la manie du rangement de mes livres tous les deux ans.
Et j’en ai repris la lecture. Un pur plaisir. L’ouvrage de Ricardo Somonne m’avait impressionné. Il me l’avait dédicacé en ces termes très sobres : « À mon frère Zio ! Voici ce que j’ai retenu au terme de mes quarante années de présence à la RTI. Bonne lecture. »
J’ai suivi son souhait et donc lu et encore plusieurs fois relu ses 112 pages. Avec le même appétit et le même bonheur. Ce n’est pas un essai. Encore moins un roman. RTI Plus de cinquante ans d’existence Voici le Journal Télévisé tient beaucoup plus du guide pratique.
Une manière d’autopsie du fonctionnement de la télévision à travers ce qui en fait l’identité : le journal télévisé ou JT. Ricardo Somone raconte la télévision vue de l’intérieur. Sa caméra qu’il a portée pendant quatre longues et riches décennies, se transforme, sous sa plume, en microscope géant qui lui permet d’ausculter la « Maison bleue », comme on nomme la RTI. Et son regard est sans complaisance.
Quelques coups de canif : « A l’issue d’un fait majeur, les micro-trottoirs qui devraient être un pont entre les gouvernants et les populations, sont surveillés à la lettre et montés avec minutie dans le sens voulu par le pouvoir. Quelle information peut-on alors espérer de RTI1, quand les multiples journées internationales décrétées par l’ONU, font l’objet de messages auxquels le grand public ne comprend rien, mais lus quand même au nom du gouvernement, par un ministre à son bureau, avec forcément dans le décor, la photo du Chef de l’Etat ? Quelle information crédible… »
Partie 6, page 55, titre : la marche boiteuse du JT de RTI. Sa démarche ? chirurgicale. Au bistouri. Quatre remarques simples qu’il dit préliminaires posent la première pierre. Il passe en revue, au commencement, sa propre fonction : réalisateur.
Et puis, viennent le conducteur, le retard au démarrage, le débordement d’une édition. C’est précis, c’est rapide, c’est sans fioriture. Juste quatre pages. Les principaux acteurs de la confection à la diffusion d’une édition du JT, deuxième chapitre ou deuxième partie du livre obéit à la même règle : la concision. Beaucoup d’informations en peu de mots.
Et on voit le Directeur général, les Directeur de l’information, Rédacteur en chef… tous ceux qui participent à la confection du Journal télévisé (JT) défiler jusqu’au dernier : le cadreur. Les autres chapitres (3e au 8e) abordent des sujets majeurs.
Mais, l’auteur les contient dans la juste mesure et n’en donne que l’essentiel, pas plus. Dans Post-scriptum Ils ont fait le JT qui vient après la conclusion qui tient en 17 lignes, l’auteur fait un immense travail de mémoire. Il remonte le temps et nous avec lui.
Des reporters (première, deuxième et troisième générations) c’est-à-dire de Joseph Diomandé à Aziz G. de RTI Info (JT en ligne), en passant par les trois générations de présentateurs, les deux des réalisateurs, etc., le peuple de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) est là.
Vivant par l’écriture, mais aussi par les images, ces grandes traces indélébiles du temps qui nous regarde passer…On ne peut conclure cette petite bafouille sans un mot pour dire que l’écriture de Ricardo Somonne est belle de simplicité. C’est le plus difficile. Une difficulté qu’il a su vaincre.
Zio Moussa




