Abobo-N’Dotré : Des ressortissants sénégalais se cachent derrière QNet pour anarquer

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Depuis le 8 juillet 2020, le gouvernement ivoirien a, officiellement, interdit les activités de l’entreprise de marketing de réseau QNET et de ses démembrements pour pratiques illégales. Malheureusement, certains individus de mauvais alois se cachent encore derrière cette pratique illégale pour anarquer d’honnêtes citoyens. C’est le cas de trois ressortissants sénégalais qui sont sous les verroux pour avoir anarquer des Bissau-guinéens à Abidjan.

Selon la plateforme Police Secours, tout commence par une promesse qui ressemble à une belle opportunité : quitter la Guinée-Bissau pour venir travailler dans la restauration en Côte d’Ivoire.

Mais quelques semaines plus tard, pour une jeune femme Bissau-guinéenne de 24 ans, le rêve tourne court. Alors qu’elle se trouvait encore dans son pays, rapporte notre source, la jeune dame est contactée par un homme de 24 ans, de nationalité sénégalaise.

Celui-ci lui propose de venir en Côte d’Ivoire et lui promet de lui trouver un emploi dans le secteur de la restauration. L’offre paraît sérieuse. Suffisamment, en tout cas, pour convaincre la jeune femme de faire le voyage jusqu’en Côte d’Ivoire.

Mais une fois sur place, les choses prennent une tout autre tournure. L’homme lui réclame d’abord 500 000 francs CFA, une somme présentée comme nécessaire pour obtenir l’emploi promis. Son interlocuteur la convainc ensuite de contacter sa famille restée en Guinée-Bissau afin que celle-ci effectue d’autres transferts d’argent, cette fois pour financer ce qu’il présente comme un « projet ».

Au fil des envois, sa famille aurait ainsi transféré 2,6 millions de francs CFA supplémentaires. Mais l’emploi dans la restauration n’arrive jamais. La jeune femme découvre finalement que l’activité qui lui est proposée est liée au marketing de réseau QNET. Puisqu’elle doit, à son tour, faire venir d’autres personnes et les parrainer afin de progresser dans le système. Pour elle, le rêve d’un emploi en Côte d’Ivoire vient de s’effondrer.

Il a pris la physionomie d’un cauchemar. Sans ressources et estimant avoir été trompée, elle affirme avoir ensuite subi des pressions et du chantage de la part du principal suspect. Elle l’accuse également de l’avoir contrainte à avoir des rapports sexuels non protégés. Face à la situation, la jeune femme décide de ne plus se taire.

Elle raconte ce qu’elle vit sur les réseaux sociaux. Son appel est relayé par un influenceur ivoirien, qui l’oriente vers les services de police afin qu’elle puisse dénoncer les faits. Le vendredi 18 septembre 2026, aux environs de 20 heures, la jeune femme se présente au commissariat de police du 41ᵉ arrondissement d’Abobo-N’Dotré. Face aux policiers, elle raconte son histoire.

Après avoir recueilli son témoignage et les indications permettant de localiser les lieux, le commissaire engage immédiatement un équipage en direction de la Casse de N’Dotré, où se trouve l’appartement indiqué. Le principal suspect y est interpellé. Mais une fois à l’intérieur, les policiers font une autre découverte.

La jeune femme n’est pas la seule. Deux autres ressortissants bissau-guinéens se trouvent dans l’appartement : une femme de 27 ans et un jeune homme de 18 ans. Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, eux aussi seraient arrivés en Côte d’Ivoire après avoir été approchés selon un procédé similaire.

L’affaire prend alors une autre dimension. Les investigations menées sur place conduisent également à l’interpellation de deux autres ressortissants sénégalais : un homme de 30 ans et une femme de 25 ans, soupçonnés d’avoir joué un rôle aux côtés du principal mis en cause. L’un aurait notamment été chargé de surveiller les victimes, tandis que l’autre aurait servi à attirer de nouvelles personnes.

Et pour rendre les promesses d’emploi encore plus crédibles, un véritable scénario aurait été mis en place. Les personnes venues de Guinée-Bissau étaient conduites dans des restaurants et des supermarchés. Ces visites devaient leur donner l’impression que leur recrutement était réel et qu’elles allaient bientôt commencer à travailler. Une façon de les appâter.

L’intervention du commissariat du 41ᵉ arrondissement aboutit finalement à l’interpellation de trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans cette affaire. Sur instruction du procureur de la République adjoint près le Tribunal de première instance d’Abobo, les trois suspects ont été placés en détention pour les besoins de l’enquête, avant leur présentation devant les juridictions compétentes.

Pour les policiers, le travail ne s’arrête pas à ces trois interpellations. Il s’agit maintenant de comprendre jusqu’où allait ce réseau, de déterminer le rôle exact de chacun et surtout de savoir si d’autres personnes ont été attirées en Côte d’Ivoire avec les mêmes promesses.

De Gnamien

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