Sale temps pour le Mouvement des Générations Capables (MGC). Le parti de l’ancienne Première Dame est confronté à une série de démissions qui fragilisent son organisation. Après le départ de son premier vice-président et porte-parole, le professeur Klognimban Dominique Traoré, plusieurs responsables et militants auraient à leur tour quitté le parti de Simone Ehivet Gbagbo. Une succession de départs qui alimente les interrogations sur le malaise qui secoue la formation politique.
La vague de départs qui touche le Mouvement des Générations Capables (MGC) prend de l’ampleur. Quelques mois après l’élection présidentielle de 2025, à laquelle la formation politique a participé, le parti dirigé par l’ancienne Première Dame Simone Ehivet Gbagbo se retrouve confronté à une série de démissions qui concernent aussi bien des responsables nationaux que des structures locales.
Le premier signal fort est venu de la démission, à la mi-juillet 2026, du professeur Klognimban Dominique Traoré. Membre fondateur du MGC, celui qui occupait les fonctions de premier vice-président et de porte-parole était considéré comme l’une des figures centrales du dispositif politique de Simone Ehivet Gbagbo.
Au moment de quitter le parti, l’universitaire a invoqué des « raisons personnelles », sans donner davantage de détails sur les motivations de sa décision. Il aurait auparavant eu un échange cordial avec la présidente du parti. Une explication qui, malgré sa sobriété, n’a pas empêché les interrogations de se multiplier.
Car le départ du numéro deux du MGC a rapidement été suivi d’autres défections. Quelques jours plus tard, 57 responsables de la Coordination régionale d’Abobo 3 auraient annoncé leur démission. Un départ collectif particulièrement significatif dans une commune politiquement importante pour Simone Ehivet Gbagbo, qui y a été députée pendant près de deux décennies.
Et depuis, la liste ne cesserait de s’allonger. Selon des informations rapportées par le journaliste Félix Bony, plusieurs centaines de responsables, membres de cabinets et militants proches de l’ancienne Première Dame auraient décidé de prendre leurs distances avec le MGC.
« À ce jour, le décompte continue de se faire, et la liste continue de s’allonger », a indiqué le journaliste, illustrant l’ampleur supposée du phénomène.
Parmi les noms évoqués figurent notamment Dr Marthe Ago, vice-présidente chargée de la région du Gôh, ainsi que Mme Irène Gohourou, vice-présidente chargée de la Politique nationale de la solidarité. Des coordonnateurs régionaux, des responsables fédéraux et d’autres cadres locaux seraient également concernés.
La contestation aurait même franchi les frontières ivoiriennes. Aux États-Unis, où le MGC dispose de relais au sein de la diaspora, plusieurs militants et responsables auraient également pris leurs distances avec le parti.
Face à cette situation, le silence domine pour l’instant du côté de la direction. Des proches de Simone Ehivet Gbagbo, sollicités pour confirmer ou infirmer ces informations, auraient préféré ne pas se prononcer. Ce silence contribue à nourrir les spéculations sur les raisons profondes de cette hémorragie.
La question demeure donc entière : « Qu’est-ce qui n’a pas marché pour que Dominique Traoré claque la porte à Mme Gbagbo et entraîne avec lui toute cette vague de départs ? »
Au-delà des chiffres et des noms cités, c’est la cohésion interne du MGC qui se trouve désormais au centre des préoccupations. Le parti, qui entend occuper une place dans le paysage politique ivoirien, devra répondre à un défi majeur : enrayer la dynamique des départs et préserver ses structures sur le terrain.
Pour l’heure, une formule résume la situation : le MGC traverse une zone de fortes turbulences. Et si les démissions annoncées se confirmaient dans leur ampleur, elles pourraient contraindre la direction du parti à une profonde réorganisation.
La vérité sur les raisons de cette crise finira-t-elle par éclater ? Pour les observateurs de la scène politique ivoirienne, le départ du numéro deux pourrait n’être que le symptôme visible d’un malaise plus profond. « La vérité se saura un jour », écrit Félix Bony. En attendant, la saignée se poursuit et les regards restent tournés vers Simone Ehivet Gbagbo et la direction du MGC.
P.Ben et afriksoir




