Contribution / Fin des « gnambros » à Koumassi : La méthode radicale de Dr Cissé Ibrahima Bacongo face au racket routier

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Le récent drame survenu à Yamoussoukro, impliquant un agent des douanes, remet brutalement au centre du débat national l’épineuse question des « gnambros ». Ces acteurs informels, qui imposent leur loi et rackettent les transporteurs dans les gares routières, continuent de défier l’autorité publique.

Pourtant, l’éradication de ce fléau n’est pas une fatalité : une volonté politique ferme suffit à changer la donne. L’exemple le plus édifiant reste celui de la commune de Koumassi où le Dr Cissé Ibrahima Bacongo, alors maire, a réussi l’exploit de démanteler totalement ce réseau. Retour sur une méthode radicale qui a fait ses preuves et qui pourrait aujourd’hui inspirer le reste du pays.

Pour comprendre l’impact de cette transformation, il convient d’analyser la méthode Bacongo, qui repose sur une stratégie globale. L’assaut contre ce système mafieux a d’abord commencé sur le terrain du droit.

  1. Le cadre juridique : l’interdiction totale du syndicalisme routier
    En juin 2019, Dr Cissé Ibrahima Bacongo a frappé un grand coup en prenant l’arrêté municipal n° 19/07/C.KSSI/SG/DARC/BJ. Cet arrêté stipule la suspension jusqu’à nouvel ordre de toute activité syndicale liée au transport communal et intercommunal sur tout le territoire de Koumassi. En retirant la légitimité des syndicats de transporteurs dans la commune, il a rendu illégale toute forme de collecte d’argent sur les chauffeurs (les fameux « droits de chargement » imposés par la force).
    Cependant, poser un cadre légal ne suffisait pas. Pour asphyxier financièrement les réseaux de racket, il fallait s’attaquer directement à leurs quartiers généraux : les gares routières sauvages.
  2. Le démantèlement des gares anarchiques .
    Les gnambros prospéraient grâce au désordre urbain. Le maire a fait procéder à la fermeture définitive des gares routières spontanées et informelles, notamment celle qui obstruait le Grand Carrefour de Koumassi. L’occupation anarchique des voies publiques par les minicars (gbakas) et les taxis communaux (woro-woro) a été interdite, privant les gnambros de leurs principaux points de contrôle et d’extorsion.Une fois les textes votés et les gares interdites, l’étape la plus délicate restait l’application stricte de ces mesures face à des groupes souvent violents. C’est ici que la force publique est entrée en action.
  3. La répression policière et les vagues d’arrestations
    L’application de la loi s’est faite par la force publique. Sous son impulsion, les forces de police nationale et la police municipale ont mené des opérations de traque régulières sur le terrain. Les individus pris en flagrant délit d’extorsion de fonds sur les chauffeurs ou d’organisation de gares clandestines ont été systématiquement arrêtés et transférés devant les tribunaux.
    Enfin, pour éviter que ces arrestations ne soient vaines et que les Gnambro ne reviennent squatter les mêmes lieux, la mairie a immédiatement entrepris de métamorphoser durablement le paysage urbain.
  4. La libération et la rénovation des espaces publics
    En plus des gares, Bacongo a ordonné d’importantes opérations de déguerpissement des installations qui encombraient les trottoirs. Le Grand Carrefour de Koumassi et plusieurs grandes artères ont été entièrement réaménagés, bitumés et embellis. Cette transformation urbaine a rendu impossible la réinstallation physique de ces groupes de collecteurs informels.Grâce à cette approche sans concession, le phénomène des gnambros a été étouffé à Koumassi, faisant de la commune un modèle de gestion urbaine en Côte d’Ivoire avant que Cissé Bacongo ne soit nommé Gouverneur du District Autonome d’Abidjan. En somme, l’expérience de Koumassi sous la direction du Dr Cissé Ibrahima Bacongo démontre que l’ordre urbain peut être restauré face au phénomène des « gnambros » grâce à la tolérance zéro et à une volonté politique ferme. Face à l’urgence nationale illustrée par le drame de Yamoussoukro, cette méthode éprouvée se présente aujourd’hui comme un modèle à généraliser pour assainir durablement le secteur des transports en Côte d’Ivoire. Que Dieu Bénisse son serviteur Dr Cissé Ibrahima Bacongo !

Dr OKOU Roméo

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