La « théorie de l’enveloppe vide » qui est une stratégie politique initiée en août 2021 par Laurent Gbagbo pour contourner la crise juridique qui l’opposait à Pascal Affi N’Guessan concernant le contrôle du Front Populaire Ivoirien (FPI) semble se redessiner sous une autre forme dans au sein de la gauche ivoirienne.
En prononçant la radiation définitive d’Ahoua Don Mello (ancien vice-président exécutif) et de plusieurs autres cadres lors de son premier congrès ordinaire en mai 2026, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo a, sûrement, favorisé la création d’un nouveau parti des « indisciplinés » qui est en train de connaître des ralliements. Certes, le PPA-CI minimise l’impact de ces démissions, mais le camp Don Mello assure que d’autres ralliements sont imminents.
La réaction de Me Habiba Touré, porte-parole du PPA-CI, n’a pas tardé. Selon elle, les personnalités annoncées comme démissionnaires n’étaient plus réellement engagées dans les structures dirigeantes du parti. « La quasi-totalité des personnes citées n’exerçaient plus aucune responsabilité. On ne peut quitter une fonction que l’on n’exerce plus », s’est-elle convaincu, précisant que ces départs ne constituaient pas une perte majeure pour le PPA-CI. Mais rapidement, Fernand Ahilé, directeur de la communication d’Ahoua Don Mello, a pris le contre-pied de cette déclaration.
A l’en croire, la direction du PPA-CI cherche à réduire l’importance d’un phénomène qui traduit un malaise interne. « Ces camarades faisaient l’objet d’une suspension de douze mois. Une porte leur restait théoriquement ouverte pour une réintégration. Ils ont estimé qu’un retour n’était plus envisageable », a-t-il expliqué. Assurant que le camp Don Mello n’est pas à l’origine d’une campagne de débauchage des militants du PPA-CI.
« Nous ne menons aucune action offensive. Ce sont les militants eux-mêmes qui prennent l’initiative de se rapprocher d’Ahoua Don Mello », a-t-il soutenu. Avant d’ajouter : « Dans les jours à venir, de nombreux autres acteurs du PPA-CI issus des ligues de jeunes, des organisations de femmes et de diverses structures spécialisées annonceront leur ralliement ». Cette nouvelle fracture est l’aboutissement d’un long processus de tensions entre Laurent Gbagbo et Ahoua Don Mello.
La rupture remonte à juillet 2025, après la fuite dans la presse d’une lettre confidentielle évoquant des « candidatures de précaution » en cas d’invalidation de la candidature de Laurent Gbagbo à la présidentielle. Quelques jours plus tard, Ahoua Don Mello était écarté de son poste de vice-président exécutif du PPA-CI. Après avoir défendu sa propre candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2025, celui-ci et ses proches avaient été sanctionnés par les instances du PPA-CI.
Plusieurs cadres avaient écopé de suspensions, avant que le congrès ordinaire du PPA-CI ne confirme certaines mesures disciplinaires. Toute chose ayant débouché à la création, le13 juillet 2026, du propre parti politique d’Ahoua Don Mello. Quelques jours après, dix cadres du PPA-CI officialisaient leur départ pour rejoindre son mouvement.
Le 27 juillet, deux communiqués contradictoires se sont succédé. Le premier, publié dans la matinée par la direction de la communication d’Ahoua Don Mello, annonçait la démission collective de dix cadres et responsables du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), dont des secrétaires généraux adjoints, des coordonnateurs régionaux et des responsables de la Diapora en Europe.
Et le second, où le PPA-CI a tenu à mettre les choses au clair : « La quasi-totalité des personnes citées n’exerçaient plus aucune responsabilité au sein du Parti. La plupart avait été successivement révoquée de leurs fonctions, puis suspendue pour violation de la discipline interne, avant de faire librement le choix de quitter le PPA-CI».
Une chose est sûre. La gauche ivoirienne, incarnée par Laurent Gbabo, se trouve forcément fragilisée à l’approche des élections municipales et régionales.
Prince B.




