Face à la montée des plaintes liées à l’impact des activités économiques sur les populations, le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) muscle sa réponse de terrain. L’institution veut désormais traiter les requêtes plus vite et avec plus de rigueur.
C’est dans cette dynamique qu’en partenariat avec l’Institut Danois des Droits Humains (IDDH), le CNDH a organisé un atelier de renforcement des capacités sur la thématique « Entreprises et Droits de l’Homme », les 23 et 24 juin 2026, à l’amphithéâtre de son siège à Abidjan. La session a réuni les 31 présidents des Commissions Régionales des Droits de l’Homme (CRDH) et leurs collaborateurs. L’objectif affiché : les doter d’outils techniques pour mieux instruire les requêtes liées aux abus causés par certaines activités économiques.
Au-delà du renforcement technique, cet atelier s’inscrit dans une stratégie plus large. Pour Elin Wrzoncki, représentante de l’IDDH, il s’agit d’accompagner « le processus d’adoption d’un Plan d’Action National sur les Entreprises et les Droits de l’Homme (PAN-EDH) en Côte d’Ivoire », en conformité avec les Principes directeurs des Nations Unies.
Une vision partagée par le CNDH. « Il s’agit de donner aux acteurs de terrain que sont les présidents des CRDH et leurs officiers les moyens techniques nécessaires pour assurer un traitement efficace des requêtes », a insisté Dr Arnaud Christian Adjelou, président du CNDH.
Mais la formation ne vise pas seulement l’efficacité administrative. Elle répond à une urgence sociale. Le président du CNDH estime que ce renforcement permettra au personnel d’appui de « constituer un recours efficace face aux abus causés ou occasionnés par certaines activités économiques ». L’enjeu final : construire « des sociétés plus justes, plus résilientes et plus prospères ».
Pour y parvenir, Dr Adjelou appelle à une mobilisation collective : « Face à ces défis, seule une politique de développement durable intégrée, portée avec détermination par l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires techniques et financiers, permettra d’apporter des solutions durables. » Il a enfin exhorté les participants à « faire preuve d’assiduité et d’engagement afin de mieux appréhender les enjeux et défis liés à la thématique pour une amélioration des conditions de vie et de travail dans les entreprises ».
Joël. Abalo
Sercom CNDH




