JAF 2026 / Frontières de paix : La Côte d’Ivoire et le Mali renforcent leur alliance

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N’Gandana, localité située dans la sous-préfecture de Bougou (département de M’Bengué), a abrité le lancement officiel de la Journée Africaine des Frontières (JAF) 2026, mercredi 17 juin 2026. Placée sous le signe de la paix, de la coopération transfrontalière et du développement durable, cette édition a réuni autorités administratives ivoiriennes et maliennes, responsables institutionnels, chefs coutumiers, leaders religieux ainsi que des populations venues des deux côtés de la frontière.
Objectif de cette journée organisée par la Commission Nationale des Frontières de la Côte d’Ivoire (CNFCI), dans le cadre du Programme Frontière de l’Union africaine (PFUA) : renforcer la cohésion sociale et à promouvoir une gestion harmonieuse des espaces frontaliers, souvent marqués par des défis sécuritaires, fonciers et environnementaux. La cérémonie a enregistré la présence de Diakalidia Konaté, secrétaire exécutif de la CNFCI, ainsi que de Diakité Bakary, préfet du cercle de Kadiolo au Mali, zone frontalière stratégique avec la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, abritant une importante population transfrontalière. Leur présence a été saluée comme un signal fort de la volonté commune de consolider la coopération entre États voisins. Des ateliers ont rythmé cette première journée, abordant des thématiques essentielles pour les communautés locales. L’un des moments forts a été l’atelier sur l’agriculture climato-intelligente animé par Irié Bi Jean Claude, directeur départemental de l’Agriculture de M’Bengué. Dans son intervention, il a dressé un diagnostic sans détour des effets du changement climatique sur la production agricole. « Aujourd’hui, nous avons présenté les conséquences du changement climatique sur la communauté et plus spécifiquement sur l’agriculture », a-t-il expliqué devant une cinquantaine de participants ivoiriens et maliens. Insistant sur la nécessité d’adapter les pratiques agricoles, il a ajouté avec conviction : « Face au changement climatique, nous sommes tous d’accord que le rendement a baissé. Il faut une gestion rationnelle de l’eau, l’utilisation de semences améliorées et une fertilisation adaptée pour augmenter la productivité des paysans ». Il a particulièrement encouragé le recours aux solutions locales : « La fertilisation organique est à notre portée. Nous avons conseillé d’utiliser la bouse de vache pour faire du compostage et fertiliser les champs ». Selon lui, cette approche permet non seulement d’améliorer la productivité, mais aussi de restaurer des sols dégradés par l’érosion et l’exploitation intensive. Un autre atelier majeur, consacré à la médiation communautaire et à la gestion des conflits entre agriculteurs et éleveurs, a été animé par Mamadou Soro, directeur régional des Ressources animales du Poro. Dans une analyse historique et sociale, il a rappelé l’ancienneté des tensions liées à l’usage des terres. « Le premier cas de conflit entre agriculteurs et éleveurs en Côte d’Ivoire, c’était depuis les années 1974 », a-t-il indiqué, soulignant que la pression foncière reste aujourd’hui le principal facteur aggravant. Il a expliqué que « le même terroir est utilisé par les agriculteurs et les éleveurs, alors que la superficie agricole augmente mais le terroir n’augmente pas ». Pour lui, la solution réside dans la prévention et le dialogue. « La solution, c’est la prévention, que chacun respecte la réglementation en vigueur », a-t-il insisté. Le conférencier a également détaillé les mécanismes de règlement des conflits, en mettant en avant la conciliation locale. « Il ne faudrait pas que l’éleveur voie l’agriculteur comme son ennemi et vice versa », a-t-il lancé, appelant à préserver la cohésion sociale entre communautés voisines et populations transfrontalières. Au terme de cette première journée, les participants ont unanimement salué l’importance de ces échanges qui renforcent la coopération, la paix et la stabilité dans les zones frontalières.

Prince B
(Envoyé Spécial)

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