Après les déguerpissements de Koumassi Campement : L’Ordre des avocats promet une assistance juridique aux victimes

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Le mercredi 03 juin 2026, plusieurs dizaines d’hectares du quartier Campement (commune de Koumassi), ont été détruits sur l’ordre d’un certain Alloui Brou Jacques qui revendique ce site.

A la suite du Procureur de la République qui a affirmé que cet homme n’en avait pas l’autorisation avant d’annoncer l’ouverture d’une enquête, c’est l’Observatoire du Barreau de Côte d’Ivoire pour les droits humains et la lutte contre la corruption qui donne de la voix en dénonçant de « graves irrégularités » dans l’opération de déguerpissement menée le 3 juin 2026 au quartier Campement et d’annoncer l’ouverture d’une permanence d’assistance juridique gratuite au profit des populations affectées.

Dans un communiqué co-signé le lundi 15 juin par le président de l’Observatoire, Maître Drissa Traoré et le Bâtonnier de l’Ordre des avocats, Maître Florence Loan-Messan, et rendu public mercredi sur les réseaux sociaux, l’Observatoire note que l’opération, réalisée avec l’assistance des forces de l’ordre, a entraîné la démolition de maisons, commerces et autres habitations sur une superficie d’environ 10 hectares, laissant des centaines de familles sans abri. Tout en saluant l’ouverture d’une enquête par le Procureur de la République, l’Observatoire souhaite que les investigations permettent d’établir l’ensemble des responsabilités dans cette affaire.

Afin d’accompagner les personnes affectées, l’Observatoire annonce une permanence d’assistance juridique gratuite qui sera ouverte à partir du 19 juin à la Maison de l’Avocat, à Cocody-II Plateaux, où des avocats bénévoles recevront les victimes pour les informer sur les voies de recours disponibles. Par ailleurs, l’Observatoire estime que l’exécution de la décision a largement dépassé son périmètre légal en affectant de nombreuses familles qui n’étaient pas parties à la procédure judiciaire. Il rappelle que l’autorité de la chose jugée ne peut produire d’effets à l’égard de tiers non concernés par l’instance. Puis, il s’est interrogé sur les conditions d’intervention des forces de l’ordre.

Selon cette instance, ni le parquet ni les autorités judiciaires compétentes n’auraient été saisis conformément aux procédures prévues pour le concours de la force publique, évoquant notamment les dispositions de la circulaire du ministère de la Justice du 27 juin 2022.

Germain K.

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