La modernisation du commerce extérieur au sein de l’espace communautaire ouest-africain franchit une nouvelle étape. Les travaux de l’atelier national de formation et de tests de la plateforme de certificat d’origine électronique de l’UEMOA (E-CO) ont été ouverts lundi à Abidjan, réunissant des représentants de la Commission de l’UEMOA, des administrations publiques ivoiriennes, des douanes, du secteur privé ainsi que plusieurs partenaires techniques engagés dans la facilitation des échanges commerciaux.
Organisée sur trois jours, cette rencontre vise à renforcer les compétences des experts nationaux sur l’utilisation de la plateforme électronique dédiée à la production, à l’échange et à la gestion des certificats d’origine au sein de l’Union. Les deux premières journées sont consacrées aux sessions de formation théorique, tandis que la dernière sera marquée par des exercices pratiques de simulation et de tests de la plateforme.
À l’ouverture des travaux, le représentant résident de l’UEMOA en Côte d’Ivoire, Gustave Diasso, a salué l’engagement des autorités ivoiriennes en faveur de la transformation numérique des procédures commerciales et douanières. Selon lui, la dématérialisation des formalités liées au commerce extérieur constitue une réponse efficace aux difficultés rencontrées dans les échanges transfrontaliers.
« La dématérialisation des procédures et formalités douanières et du commerce extérieur est une solution qui impacte positivement les coûts, les délais et les procédures de passage des marchandises », a-t-il indiqué. Il a également précisé que cet atelier s’inscrit dans une série d’activités organisées dans les différents États membres afin de permettre aux experts nationaux de mieux maîtriser le fonctionnement de la plateforme électronique.
Le président du comité technique de l’Alliance africaine pour le commerce électronique, Wato Wato Arnold, a pour sa part mis en lumière les progrès déjà réalisés dans plusieurs pays de l’Union, notamment au Mali, au Sénégal, au Togo et en Côte d’Ivoire. Il a révélé que plus de 1 080 certificats d’origine électronique ont déjà été échangés entre le Togo, la Côte d’Ivoire et le Sénégal.
Pour lui, la digitalisation des documents commerciaux représente un levier stratégique pour réduire les barrières non tarifaires, sécuriser les transactions et accélérer l’intégration économique régionale. « La dématérialisation des documents commerciaux est un véritable cheval de bataille pour renforcer la fluidité des échanges », a-t-il souligné.
Représentant le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, le Directeur général de l’Industrie, Emmanuel Tra Bi, a rappelé que ce projet s’inscrit dans la vision de transformation structurelle de l’économie ivoirienne portée par le président de la République, Alassane Ouattara, et son gouvernement. « Le certificat d’origine électronique constitue une réponse concrète aux lourdeurs administratives, aux délais de traitement et aux difficultés liées à la circulation de l’information », a-t-il affirmé. Il a ajouté que les échanges commerciaux au sein de l’espace UEMOA sont passés « d’environ 780 milliards de FCFA en 2002 à près de 4 000 milliards de FCFA en 2022 », illustrant ainsi le potentiel du commerce intracommunautaire.
Au cours des travaux, les participants auront l’occasion de tester l’ensemble du cycle de vie du certificat d’origine électronique, depuis la soumission des demandes jusqu’à leur réception dans les pays de destination. À terme, ce dispositif devrait contribuer à réduire les coûts administratifs, améliorer la traçabilité des opérations commerciales et renforcer la compétitivité des entreprises africaines dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
La cérémonie d’ouverture a également été marquée par la remise de plusieurs lots de matériel informatique et technique aux structures impliquées dans le projet, grâce à l’appui du Groupe de la Banque islamique de développement, afin de soutenir l’opérationnalisation du certificat d’origine électronique dans les États membres de l’UEMOA.
Prince B et AfrikSoir




