Réserve du Haut Sassandra / 200 Dozo sollicités pour prêter main forte

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Que faire pour protéger les espaces naturels menacés ? Face à cette problématique, l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) entend, désormais, s’appuyer davantage sur les communautés traditionnelles. Cette structure étatique a organisé, du 27 au 29 avril 2026, à Katiola, une vaste séance de sensibilisation réunissant près de 200 Dozo venus du Hambol. Il s’agit de Tafiré, Dabakala, Tortiya, Niakara et Katiola avec un objectif clair : renforcer la protection de la Réserve de Faune et de Flore du Haut Bandama (RFFHB), l’une des principales aires protégées du centre de la Côte d’Ivoire.

Pendant trois jours, les chasseurs traditionnels ont échangé avec les responsables de l’OIPR sur les enjeux environnementaux liés à la préservation de la réserve. Dans une ambiance mêlant traditions ancestrales et discours techniques sur la biodiversité, les participants ont été sensibilisés aux dangers qui menacent cet important patrimoine écologique national.

Face aux difficultés de surveillance des espaces protégés, marquées par le manque de moyens humains et matériels, l’OIPR semble vouloir miser sur une stratégie de proximité. L’idée consiste à associer les Dozo, réputés pour leur connaissance approfondie de la brousse et leur influence dans les communautés rurales, aux efforts de conservation.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le sous-préfet de Katiola, Serge Zéhi, a salué la forte mobilisation des chasseurs traditionnels. Il a rappelé leur rôle historique dans la société ivoirienne, notamment dans la protection des populations rurales et la transmission des valeurs ancestrales.

« Les Dozo demeurent des acteurs importants du monde rural. Leur implication dans la préservation de l’environnement est une initiative à encourager », a-t-il déclaré.

Les responsables de l’OIPR ont ensuite présenté les nombreuses menaces qui pèsent actuellement sur la Réserve du Haut Bandama. Parmi elles figurent le braconnage, l’orpaillage clandestin, la coupe illégale du bois, les défrichements agricoles ainsi que l’urbanisation anarchique.

Le colonel Kouadio Basile Krou, Chargé des Mesures Riveraines à la Direction de Zone Centre, a insisté sur le rôle potentiel que pourraient jouer les Dozo dans la lutte contre ces pratiques illégales.

Selon lui, la collaboration entre l’OIPR et la confrérie pourrait s’articuler autour de trois axes majeurs : la surveillance communautaire des aires protégées, la sensibilisation des populations riveraines et la lutte contre les trafics illicites dans les réserves naturelles.

Toutefois, il a précisé que les missions de police environnementale restent exclusivement du ressort de l’État, soulignant la nécessité d’un encadrement légal clair.

Le capitaine Kassi Dimitry a, pour sa part, mis en avant l’importance stratégique de la Réserve du Haut Bandama. Il a expliqué que cet espace naturel contribue à la protection du fleuve Bandama, essentiel à l’alimentation de plusieurs barrages hydroélectriques du pays. Il a également évoqué le rôle de la réserve dans la régulation du climat local, le soutien à l’agriculture et l’amélioration de la qualité de l’air.

À l’issue des échanges, les représentants des Dozo ont affiché leur engagement en faveur de la protection de la réserve. Le porte-parole Danigo Yacou a assuré que les chasseurs traditionnels relaieront les messages de sensibilisation auprès des populations.

Le Dozoba, chef traditionnel de la confrérie, a reconnu le lien étroit entre les pratiques Dozo et la nature, affirmant leur volonté de travailler en harmonie avec les agents des Eaux et Forêts.

Cette rencontre marque ainsi une nouvelle étape dans le rapprochement entre savoirs traditionnels et gestion moderne des ressources naturelles en Côte d’Ivoire.

Prince B

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