« 1990-2026 : 36 ans de lutte pour les libertés ». C’est autour de ce thème que le président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, a initié une rencontre avec la presse, hier, jeudi 7 mai 2026 au siège du parti aux Vallons. Une tribune qui a permis au leader des frontistes de passer en revue la situation sociopolitique du pays.
Pascal Affi N’Guessan a dénoncé un recul des libertés publiques et une dégradation du climat démocratique en Côte d’Ivoire. En plaçant cette rencontre dans le contexte de la célébration du retour au multipartisme en Côte d’Ivoire, intervenu le 30 avril 1990, Affi N’Guessan a indiquéque cette date symbolise une conquête majeure du peuple ivoirien après plusieurs années de lutte contre le parti unique.
« Voilà donc 36 ans que nous vivons sous ce régime de la démocratie, qui représentait la reconnaissance formelle des droits fondamentaux de la personne humaine », a rappelé Pascal Affi N’Guessan, évoquant notamment les libertés d’expression, de manifestation, de réunion et le droit syndical. Mais pour le président du FPI, ces acquis démocratiques seraient aujourd’hui fortement menacés. Très critique envers le régime, il a accusé les autorités de restreindre les manifestations publiques et de réduire progressivement les espaces démocratiques. Relativement à la réforme du système électoral, le président du FPI a plaidé pour une Commission électorale indépendante réellement neutre et impartiale. Il a insisté sur la nécessité d’une représentation équilibrée entre le pouvoir, l’opposition et la société civile afin de garantir des élections transparentes et apaisées. Le président du FPI s’est aussi attaqué aux médias publics, particulièrement à la RTI, qu’il accuse de manquer d’équilibre dans le traitement de l’information politique. « Comment la RTI peut-elle être “la chaîne qui rassemble” quand 80 % du temps du journal télévisé est consacré aux activités du parti au pouvoir ? », s’est-il interrogé. Sur le plan social, le président du FPI a dénoncé la hausse du coût de la vie et les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les populations. Il a évoqué les problèmes des producteurs de café-cacao, les difficultés d’accès aux soins et au logement, estimant que « les Ivoiriennes et les Ivoiriens peinent à vivre dignement ». Pascal Affi N’Guessan a également appelé les militants de l’opposition à « résister » face à ce qu’il qualifie de dérive autoritaire du pouvoir. « Résister, c’est rester debout, refuser de faire de la Côte d’Ivoire un pays de la soumission », a-t-il lancé. S’agissant d’une éventuelle union de la gauche ivoirienne, Pascal Affi N’Guessan s’est dit favorable à un rapprochement avec le PPA-CI de Laurent Gbagbo, tout en appelant à privilégier les préoccupations des populations plutôt que les débats de leadership politique. Au total, le président du FPI a lancé un appel au « sursaut national » afin de préserver la démocratie, renforcer la réconciliation nationale et garantir la stabilité du pays. « La lutte est la mère de la liberté et le moteur du progrès », a-t-il déclaré tout en exhortant le pouvoir à engager un dialogue politique sincère.
Prince B




