La hiérarchie militaire, sous l’impulsion du Chef d’État-Major Général des Armées, le Général d’armée Lassina Doumbia, insiste régulièrement sur la nécessité de professionnaliser les Forces Armées de Côte d’Ivoire (FACI) et d’éviter les abus, en prônant une politique de tolérance zéro contre les dérives. Pour ne l’avoir pas compris, une policière vient d’être traduite devant le tribunal militaire d’Abidjan.
Selon le site Afrik Soir, tout est parti d’un contrôle routier ayant viré à la polémique sur les réseaux sociaux. Le Tribunal militaire d’Abidjan s’est saisi du dossier impliquant cette agente de police accusée d’avoir abusivement retenu les documents administratifs d’un automobiliste pendant plusieurs jours, à la suite d’une simple contravention routière. Dans un communiqué officiel, le Parquet militaire a confirmé l’ouverture d’une enquête après une dénonciation largement relayée par les internautes. Le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal militaire d’Abidjan précise avoir reçu le plaignant en audience afin de recueillir sa version des faits. Quant à l’agente mise en cause, elle a été interpellée par sa hiérarchie policière dès la révélation de l’incident et devra répondre des accusations formulées contre elle au cours des investigations en cours.
A en croire le confrère, l’affaire remonte au mardi 21 avril 2026. Ce jour-là, un automobiliste affirme avoir été intercepté sur l’axe Angré CNPS, dans la commune de Cocody, par une policière alors qu’il tenait son téléphone portable au volant. Selon son témoignage, il reconnaît immédiatement l’infraction et accepte la verbalisation d’un montant de 10.000 FCFA. Cependant, la situation aurait rapidement pris une tournure inattendue.
Le conducteur explique que l’agente lui aurait retiré son permis de conduire ainsi que sa carte grise, tout en lui indiquant qu’il pourrait récupérer ses documents après paiement de l’amende à la préfecture. N’ayant pas d’argent sur lui au moment du contrôle, il choisit de régler la contravention plus tard dans les services compétents. Mais pendant plusieurs jours, il dit avoir multiplié les démarches sans succès.
Dans son long récit publié sur les réseaux sociaux, l’usager décrit un véritable « parcours du combattant ». Entre la préfecture, le carrefour prière d’Angré et le Trésor de Cocody Saint-Jean, il affirme avoir effectué plusieurs allers-retours pour tenter de retrouver ses pièces administratives et régulariser sa situation. La situation se complique davantage lorsque les agents du Trésor lui signalent que la contravention qui lui a été remise n’est pas conforme, faute de cachet officiel. Impossible donc de procéder au paiement de l’amende. « Donc depuis une semaine, je tourne avec une contravention non conforme ? », s’est-il indigné dans sa publication devenue virale.
L’automobiliste dénonce également l’impossibilité d’obtenir les coordonnées de la policière concernée, malgré ses nombreuses sollicitations. Selon lui, plusieurs agents auraient refusé de lui communiquer son numéro de téléphone, tandis que les rendez-vous fixés avec l’agente auraient été reportés à plusieurs reprises. Après plusieurs jours de recherches et d’attente, le conducteur finit finalement par retrouver la policière à Angré. Celle-ci lui aurait alors proposé de payer directement les 10.000 FCFA afin qu’elle-même se charge de déposer les documents à la préfecture.
L’usager affirme avoir accepté afin de récupérer enfin son permis et sa carte grise, tout en regrettant l’absence d’explications ou d’excuses de la part de l’agente. Face à l’émotion suscitée par cette affaire, le Parquet militaire a tenu à rassurer l’opinion publique. Dans son communiqué, il rappelle que « aucune forme de manquement aux règles encadrant l’action des forces de défense et de sécurité ne saurait être tolérée ». Les autorités judiciaires militaires insistent également sur la nécessité pour les citoyens de dénoncer systématiquement les abus dont ils pourraient être victimes.
Le Tribunal militaire souligne que « la confiance entre les populations et les forces de l’ordre est essentielle » et qu’elle repose sur « le respect mutuel, la courtoisie et la justice ». Il promet par ailleurs un traitement transparent de cette affaire afin de situer clairement les responsabilités. En attendant les conclusions de l’enquête, le Tribunal militaire d’Abidjan affirme sa détermination à faire toute la lumière sur ce dossier qui continue d’alimenter les discussions au sein de l’opinion publique ivoirienne. Pour rappel, le Tribunal Militaire d’Abidjan condamne fermement les abus de pouvoir et autres forfaitures, avec des peines allant jusqu’à la perpétuité, la radiation définitive des cadres de l’armée et des dommages et intérêts pour les victimes.
G de G.




