Chute du prix du cacao en Côte d’Ivoire : Voici les explications de Bruno Koné

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La filière cacao, pilier de l’économie ivoirienne, était au cœur d’une émission spéciale diffusée ce jeudi 30 avril 2026 sur Radio France Internationale. Invité principal de ce rendez-vous, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a longuement expliqué les raisons de la chute significative du prix du cacao payé aux producteurs.

Fixé à 2 800 FCFA le kilogramme lors de la grande campagne 2025-2026, le prix bord champ est tombé à 1 200 FCFA pour la petite campagne 2026. Une baisse brutale de près de 60 % qui suscite incompréhension et inquiétude chez les planteurs. Face à cette situation, le ministre a tenu à rappeler que l’État ivoirien reste attaché à son engagement fondamental : garantir aux producteurs au moins 60 % du prix CAF (coût, assurance, fret) du cacao sur le marché international.

« Si nous avions appliqué strictement ce mécanisme, le prix aurait été compris entre 950 et 1 000 FCFA le kilogramme », a-t-il précisé, soulignant que le maintien à 1 200 FCFA constitue un effort significatif de l’État en faveur des producteurs. Selon lui, le niveau record de 2 800 FCFA annoncé en octobre 2025 par le président Alassane Ouattara relevait d’une volonté politique forte d’améliorer les revenus des planteurs, dans un contexte de hausse exceptionnelle des cours mondiaux.

Cependant, cette décision, bien qu’historique, a eu des effets collatéraux. Sur le plan international, le ministre évoque une augmentation de la production dans plusieurs pays jusque-là considérés comme secondaires dans la filière cacao. Des pays comme l’Équateur, mais aussi le Nigeria et le Cameroun en Afrique, ont accru leurs volumes, contribuant à une offre mondiale plus abondante.

Dans le même temps, une baisse de la consommation dans certains grands marchés importateurs est venue déséquilibrer davantage l’équation. Cette combinaison d’une offre en hausse et d’une demande en recul a mécaniquement tiré les prix vers le bas sur le marché mondial, entraînant un ajustement des prix internes en Côte d’Ivoire.

Au niveau national, Bruno Nabagné Koné a également pointé des effets indirects du prix élevé de la précédente campagne. Celui-ci aurait favorisé des entrées frauduleuses de cacao en provenance de pays voisins, attirés par le niveau attractif du prix ivoirien. « Rien ne peut expliquer une croissance de production de 26 % à 54 % dans certaines régions sans apports extérieurs », a-t-il affirmé, évoquant des flux clandestins qui ont artificiellement gonflé l’offre locale.

Par ailleurs, la hausse du prix a entraîné une pression accrue sur le financement de la campagne. Les opérateurs de la filière, contraints de mobiliser davantage de ressources pour acheter le cacao, ont fait face à des difficultés d’accès au crédit. Cette situation a engendré des perturbations logistiques, ralentissant l’évacuation des stocks vers les ports.

En définitive, la baisse du prix du cacao en Côte d’Ivoire résulte d’une combinaison complexe de facteurs internationaux et locaux. Si le gouvernement met en avant les efforts consentis pour amortir le choc, la question du revenu des producteurs demeure plus que jamais au centre des préoccupations dans un pays où le cacao reste une ressource stratégique majeure.

Prince B

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