Dans le cadre de la 6ᵉ Conférence des ministres africains de l’Agriculture de l’initiative Triple A, tenue ce mercredi 22 avril à Meknès, en marge du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), décideurs publics et acteurs du secteur ont dressé le bilan de dix années d’action en faveur de l’adaptation de l’agriculture africaine au changement climatique, tout en esquissant les perspectives à l’horizon 2036.
Intervenant à cette tribune de haut niveau, le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a salué une initiative « structurante » qui a permis de repositionner l’agriculture africaine au cœur des enjeux climatiques internationaux et de catalyser des projets concrets au bénéfice des États.
Pour la Côte d’Ivoire, les retombées sont tangibles. Il s’agit du renforcement des chaînes de valeur vivrières, notamment le manioc et le maraîcher, l’amélioration des systèmes de production alimentaire, la promotion d’une cacaoculture durable, mais surtout le déploiement d’un mécanisme innovant d’assurance indicielle pour mieux protéger les producteurs face aux aléas climatiques.
Malgré ces avancées, le chef de la délégation ivoirienne du haut de cette table ronde internationale , a insisté sur un défi majeur à savoir le déficit de financement de l’adaptation agricole en Afrique. « L’enjeu appelle un changement d’échelle », a-t-il souligné, plaidant pour une mobilisation accrue des ressources publiques, une meilleure bancabilité des projets agricoles afin d’attirer les capitaux privés, ainsi que le recours à des instruments innovants tels que les financements climatiques et les mécanismes de partage des risques
Dans cette dynamique, la Côte d’Ivoire a proposé quatre axes prioritaires pour accélérer la transformation du secteur agricole africain : le développement de modèles agroforestiers conciliant productivité et préservation de la biodiversité, la promotion d’approches intégrées incluant l’économie bleue, le renforcement des mécanismes de financement de l’adaptation, et un investissement massif dans la recherche et les technologies climato-intelligentes.
Au-delà des échanges stratégiques, cette journée a également été marquée par un renforcement de la coopération bilatérale entre la Côte d’Ivoire et le Royaume du Maroc. Reçu en audience par son homologue marocain, le ministre Bruno Koné, accompagné du ministre délégué Bernard Kini-Comoé, a exploré de nouvelles pistes de collaboration, notamment dans les domaines de l’élevage, de l’ingénierie agricole et du transfert de compétences. Au nombre des projets discutés avec son homologue marocain, le chef de la délégation a entrevu les voies et moyens de relancer le projet d’amélioration de la race génétique du djalonké. Initié par l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER), ce projet qui vise à renforcer la fourniture d’une viande de qualité en améliorant le format de ce mouton local grâce à une insémination avec la race Sardi du Maroc, contribuera assurément à la sécurité alimentaire en Côte d’Ivoire. Ainsi, au regard de tels enjeux, les deux Autorités se sont engagés à la mise en place de dispositions nécessaires pour sa reprise dans les meilleurs délais.
JoParker
Envoyé spécial




