Droits de l’Homme : Qui en veut à Christian Adjelou ?

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  • Le nouveau président du CNDH face aux procès d’intention

À peine élu à la tête du Conseil National des Droits de l’Homme, le Dr Christian Adjelou essuie déjà une salve de critiques. Le PPA-CI s’offusque, crie au scandale, dénonce une nomination politique. Un procès en illégitimité qui mérite d’être regardé en face, sans amnésie.

Premier rappel factuel : Christian Adjelou n’a pas été nommé par décret. Il a été élu par ses pairs, au sein d’une institution collégiale, selon les textes qui régissent le CNDH. Une procédure statutaire, transparente, ouverte aux membres désignés par les différentes composantes de la société civile, des pouvoirs publics et des organisations professionnelles.

Confondre une élection interne avec un parachutage relève soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi. Et quand la mauvaise foi devient une méthode, il faut le dire.

La mémoire courte comme arme politique

Le PPA-CI donne aujourd’hui l’impression que la Côte d’Ivoire vient d’apparaître sur la carte du monde. Que l’histoire institutionnelle du pays commence en 2026. Pourtant, les mêmes qui dénoncent aujourd’hui le profil d’Adjelou ont gouverné ce pays pendant dix ans.

À cette époque, la politisation des institutions n’était pas un soupçon : c’était une méthode assumée. Les postes stratégiques – Conseil Constitutionnel, haute hiérarchie militaire, appareils de sécurité étaient confiés à des hommes dont la loyauté politique ne faisait aucun doute. C’était l’époque du verrouillage. L’époque où l’on ne s’embarrassait pas de procès d’intention, parce que la ligne était claire.

Alors aujourd’hui, venir donner des leçons de neutralité après avoir pratiqué le contrôle partisan relève de l’hôpital qui se moque de la charité.

Deux poids, deux mesures ?

Qu’est-ce qui est le plus dangereux pour une démocratie ? L’élection d’un civil, docteur en droit, par ses pairs à la tête d’une institution consultative ? Ou la concentration de pouvoirs régaliens entre les mains de fidèles politiques, en période de crise ?

La question mérite d’être posée. Parce qu’à force de crier au loup à chaque nomination qui échappe à son camp, le PPA-CI finit par discréditer sa propre parole. On ne peut pas avoir érigé le copinage en mode de gouvernance hier et jouer les vierges effarouchées aujourd’hui.

Jugeons sur les actes, pas sur les soupçons

Le CNDH n’est pas un tribunal politique. C’est un organe de promotion et de protection des droits de l’Homme. Son président sera jugé sur son bilan : sur sa capacité à documenter les violations, à saisir les autorités, à défendre les victimes, toutes les victimes, sans distinction partisane.

Christian Adjelou a un parcours universitaire et professionnel. Il a désormais une mission. L’attaquer avant même qu’il n’ait agi, c’est refuser le débat sur le fond pour se réfugier dans la polémique d’appareil.

La Côte d’Ivoire a besoin d’un CNDH fort, crédible, au travail. Pas d’un CNDH pris en otage des règlements de comptes entre chapelles politiques.

Il est temps de stopper les procès d’intention. Et de laisser le Dr Christian Adjelou travailler. Les droits de l’Homme valent mieux que les calculs politiciens.

Une Correspondance particulière

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