Ce vendredi 27 mars 2026, le tribunal d’Abidjan a rendu son verdict dans l’affaire opposant le journaliste d’investigation Mbombo Penda Saïdou, plus connu sous le nom de Saïd Penda, au magnat burkinabè du BTP Mahamadou Bonkoungou. Le journaliste a été condamné à six mois de prison ferme et à une amende d’un million de francs CFA.
Cette décision met fin à un bras de fer judiciaire suivi de près par les milieux médiatiques et diplomatiques d’Afrique de l’Ouest. Selon la défense de Mahamadou Bonkoungou, ce jugement « restaure l’honneur » d’un homme d’affaires dont le groupe EBOMAF est un partenaire stratégique pour plusieurs États de la sous-région.
L’affaire avait débuté le 26 juin 2025, lorsque Mahamadou Bonkoungou avait déposé plainte pour diffamation, injures publiques, dénonciation calomnieuse, atteinte à la vie privée et mise en danger de la vie d’autrui. La plainte faisait suite à la publication par Saïd Penda d’un teaser annonçant une enquête sur les pratiques de l’homme d’affaires burkinabè. Cette enquête promettait de mettre en lumière certaines pratiques controversées de l’entreprise EBOMAF, présente dans plusieurs pays de la sous-région, de Ouagadougou à Conakry, en passant par Lomé et Abidjan.
Le 30 juin 2025, le journaliste avait été convoqué par la Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC), suite à une plainte déposée par Patrice Kissi, chargé de communication du PDG d’EBOMAF. Avant sa comparution, Saïd Penda avait dénoncé une tentative de museler le journalisme d’investigation. « Si l’intention est de m’empêcher de publier l’article promis, ce serait une grave tentative de museler un journaliste », avait-il affirmé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, assurant qu’il se présenterait avec des preuves de ses affirmations.
Le verdict d’Abidjan soulève désormais des questions sur la protection des journalistes et la liberté d’expression dans la sous-région. Certains analystes estiment que cette condamnation pourrait avoir un effet dissuasif sur le journalisme d’investigation, tandis que d’autres rappellent que Saïd Penda peut encore faire appel. L’issue de cette affaire reste donc un point d’observation pour la presse africaine et les acteurs économiques de la région.
Prince B




