Un grand homme au grand cœur
… La salle… au rez-de-chaussée de l’immeuble de la Caisse de Stabilisation était pleine à craquer. Du beau monde avait fait le déplacement ce jour-là. De simples citoyens côtoyaient les têtes couronnées et le gratin de la République. Tous étaient venus prendre une pleine part à un événement majeur : le Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, Kobénan Kouassi Adjoumani, lançait sa campagne pour la présidence du Conseil régional du Gontougo.
Au cours du grand festin qui a clos cet événement, le Ministre d’Etat fit un geste que, jamais, je n’oublierai. « Grand-frère, tiens, pour te servir ». En me retournant, je vis le Ministre d’Etat me tendre une assiette. Un Ministre d’Etat qui plus est la 3e personnalité/le 3e personnage de la République faire preuve d’une telle humilité ! Vertu pourtant rare et peu partagée sous nos tropiques, hélas ! surtout quand on a gravi les marches supérieures de la hiérarchie sociale. J’en fus profondément bouleversé.
Je compris en cet instant précis l’enracinement de ce grand homme dans nos valeurs et son attachement aux vertus cardinales qui fondent notre humanité. Moment à jamais gravé dans le marbre de ma mémoire.
Mais, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Kobénan Kouassi Adjoumani, qui m’honore depuis bientôt une décennie de sa fraternité généreuse et respectueuse, avait déjà fait beaucoup plus, bien avant cette mémorable cérémonie de lancement de sa campagne : depuis 2021, il a m’a offert, pour mon village Dioulé et, partant, aux 13 villages de mon canton (Yatin, dans le Tonkpi) un collège moderne qui a reçu son Principal en 2023-2024 et ses premiers élèves et enseignants en cette année académique 2024-2025.
A plus de 1000 kilomètres de son village, Amanvi, et de sa région, le Zanzan, il a planté l’arbre immortel et lumineux de la connaissance et du savoir. Pour des générations et des générations. Quel sens donner à un tel acte majeur qui va bien au-delà de la générosité ? Un geste politique ? Pour quel dividende politique dans ce lointain village perdu dans le Tonkpi où le Ministre d’Etat n’a jamais mis les pieds et où il ne compte aucun électeur ? Dans tous les cas, si c’est cela faire de la politique, il faut alors se convaincre que le monde politique porte en son sein des hommes et des femmes, rares (il faut le regretter), porteurs des plus grandes valeurs humaines : le partage sans considération d’appartenance tribale, religieuse, régionale, etc. et l’Amour majuscule de l’humain, sans frontières.

Je m’en voudrais de ne pas insister sur cette autre qualité du Ministre d’Etat : il a élevé au rang du sacré le respect de l’autre. Je me surprends, après chacune de nos rencontres, à me poser une seule question : mais comment fait-il pour être aussi respectueux envers quelqu’un d’extraction plus que modeste comme moi ? Pourquoi ? Jamais, vraiment jamais, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Kobénan Kouassi Adjoumani, ne m’a appelé par mon nom. Il m’a toujours donné du « Grand-frère ». Titre honorifique ? Non ! Mieux qu’un titre honorifique, appeler grand-frère, quelqu’un avec qui vous n’avez pas de lien de parenté, c’est créer un lien de sang, l’élever au rang de supérieur dans la hiérarchie sociale africaine, le couvrir des plus grands honneurs.
De lui, celles et ceux qui ne le connaissent que de loin ou qui le combattent ont parfois l’image d’un guerrier au verbe fort, un combattant intransigeant qui sait encaisser les coups mais aussi et surtout en donner. Et pourtant…
Et pourtant, L’Eléphant du Zanzan, comme on l’appelle affectueusement dans sa région, est l’humilité faite homme. Un homme au cœur bon. Un homme généreux. Et fondamentalement respectueux.
Des Hommes comme lui, il y en a si peu aujourd’hui !
Zio Moussa