Détournement de médicaments à la NPSP

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Les parties civiles réclament près de 20 milliards FCFA aux prévenus

Le procès lié au détournement présumé de médicaments au sein de la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique de Côte d’Ivoire (NPSP) a franchi une nouvelle étape ce lundi 9 mars 2026 devant le tribunal. Au cours de l’audience, les parties civiles ont réclamé près de 20 milliards de francs CFA aux neuf prévenus impliqués dans cette affaire qui remonte à 2021.


À la barre, les accusés sont issus de plusieurs catégories professionnelles du secteur pharmaceutique. Selon les informations rapportées par le journaliste Fernand Dedeh, présent au tribunal, il s’agit notamment de pharmaciens, de préparateurs en pharmacie, d’agents d’exploitation et d’agents de bureau.

Tous sont poursuivis pour des faits graves, notamment la fourniture, le stockage, la distribution et la vente de produits pharmaceutiques en dehors du circuit officiel. Les prévenus doivent également répondre d’accusations de blanchiment de capitaux, ainsi que de faux et usage de faux dans des documents administratifs.

L’affaire met en cause un système présumé de détournement de médicaments destinés au système sanitaire public. Structure chargée de l’approvisionnement et de la distribution des médicaments dans les établissements sanitaires publics, la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique de Côte d’Ivoire joue un rôle central dans la politique de santé publique de l’Côte d’Ivoire. Lors de sa plaidoirie, l’avocat de l’État ivoirien a vivement dénoncé le comportement des prévenus, rappelant la mission essentielle confiée à la NPSP dans la gestion des stocks de médicaments destinés à sauver des vies.

Selon lui, certains professionnels de santé, pourtant tenus par un serment moral et déontologique, auraient participé à un système de détournement qui a gravement porté atteinte aux efforts de l’État pour améliorer l’accès aux soins. Dans son intervention, l’avocat a également évoqué les circuits informels de vente de médicaments, notamment dans le quartier Adjamé à Abidjan, où se trouve le secteur de Roxy, connu pour la commercialisation de produits pharmaceutiques en dehors du circuit réglementé. « Pendant que l’on cherche à améliorer le niveau de la santé, voilà des voleurs de vie, des fossoyeurs de vie », a-t-il déclaré devant la juridiction, dénonçant un système qui aurait permis la sortie frauduleuse de médicaments achetés par l’État pour les structures sanitaires publiques. Au titre de la réparation du préjudice, l’État ivoirien réclame la somme de 5 milliards de francs CFA.

Les parties civiles, pour leur part, demandent au total près de 20 milliards de francs CFA de dommages et intérêts.

Cette affaire, qui suscite un vif intérêt dans l’opinion publique, met en lumière les enjeux liés à la lutte contre les circuits parallèles de médicaments et à la protection du système de santé en Côte d’Ivoire. Le tribunal devrait poursuivre l’examen du dossier dans les prochains jours avant de rendre sa décision.

Prince B

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