La Côte d’Ivoire ne veut plus être une simple consommatrice d’Intelligence Artificielle importée. Elle veut produire ses propres modèles. C’est le cap fixé par le Ministre Djibril Ouattara à l’issue de trois jours de travaux stratégiques.
L’ambition est de développer des modèles linguistiques ajustés aux usages, aux données et aux réalités administratives, économiques et culturelles du pays. Une rupture qui repose sur quatre piliers : des jeux de données nationaux exploitables, des capacités de calcul locales, des ingénieurs et chercheurs ivoiriens, et une culture d’évaluation de la sécurité et de la responsabilité.
Le message au secteur privé a été sans ambiguïté. Les entreprises sont attendues comme « investisseur, formateur et partenaire de l’État, et non comme spectateur ni simple consommateur de technologie importée ». Le ministre les appelle à fixer le cap dans leurs organisations, à investir dans l’IA, à former leurs équipes et à créer les emplois de demain.
Djibril Ouattara assume une méthode d’action : préférer l’itération à la délibération prolongée. Engager, tester sur le terrain, collecter les retours d’expérience et ajuster. Les priorités sectorielles sont déjà cadrées : simplifier l’accès à l’information dans les services publics, mieux exploiter les données de santé pour les professionnels, développer des outils adaptés aux élèves et étudiants, et éclairer les décisions des agriculteurs.
« Nous ne devons pas attendre que l’intelligence artificielle transforme notre pays. Nous devons décider de ce que nous voulons qu’elle transforme », a-t-il martelé.
Le compte à rebours est lancé. Dans trois semaines, le portefeuille de 77 cas d’usage devra se convertir en projets budgétés et en pilotes déployés.
Koffi Amani




