Le Groupement des artisans miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI) appelle à une distinction claire entre l’orpaillage clandestin et l’exploitation minière artisanale légale. Dans une déclaration rendue publique vendredi, son premier vice-président, Eugène Malan, a salué la fermeté de l’État contre les activités illégales tout en plaidant pour une accélération de la formalisation de la petite mine.
Pour le GRAMCI, la lutte contre l’orpaillage clandestin ne doit pas conduire à assimiler l’ensemble des activités aurifères artisanales à un phénomène illégal. L’organisation estime qu’il existe deux réalités distinctes qu’il convient de ne plus confondre : l’orpaillage clandestin, qui échappe à tout contrôle, et l’orpaillage légal, exercé dans un cadre réglementé.
Le premier, selon le Groupement, porte atteinte à l’environnement, aux terres agricoles et aux ressources en eau, tout en alimentant des circuits économiques informels. Il constitue également une menace pour la sécurité des populations et prive l’État de ressources financières importantes.
À l’inverse, l’exploitation légale permet l’identification des opérateurs, la traçabilité de la production et une meilleure redistribution des retombées économiques au profit de l’État et des communautés locales.
Elle implique également des obligations en matière de protection de l’environnement et de réhabilitation des sites après exploitation. « Le GRAMCI est contre l’orpaillage clandestin », affirme l’organisation, pour laquelle la condamnation de la clandestinité ne saurait signifier le rejet de toute forme d’exploitation minière artisanale.
Le Groupement met en avant plusieurs avantages liés à la formalisation du secteur. Le premier concerne les populations rurales. L’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE), réservée aux Ivoiriens conformément au Code minier, pourrait, selon le GRAMCI, contribuer davantage au développement économique des zones productrices si elle était mieux structurée.
La professionnalisation des acteurs constitue également un enjeu majeur. Le Groupement préconise notamment la constitution de coopératives afin de faciliter l’accès aux autorisations et au financement, de renforcer les capacités des exploitants et d’améliorer la sécurité des travailleurs.
La traçabilité de l’or figure également parmi les priorités défendues par l’organisation. Selon le GRAMCI, le secteur minier artisanal et à petite échelle fait vivre directement ou indirectement près d’un demi-million de personnes en Côte d’Ivoire.
La protection de l’environnement demeure, par ailleurs, un élément central de l’exploitation légale, souligne le Groupement. Les entreprises régulièrement autorisées ne peuvent intervenir dans les forêts classées, les cours d’eau ou les zones sacrées et doivent respecter les exigences relatives aux études d’impact environnemental et social.
Ces obligations figurent également parmi les critères pris en compte dans le cadre du Prix national d’excellence de la meilleure structure du secteur des mines dans le domaine des mines semi-industrielles. À titre d’exemple, le GRAMCI cite l’entreprise Eburnie Gold Fields, implantée à Koun-Fao. La mine semi-industrielle emploie 20 salariés permanents et plus de 80 travailleurs journaliers.
Depuis 2022, l’entreprise aurait versé environ 300 millions de francs CFA en taxes et impôts, près de 200 millions de francs CFA au titre de la taxe ad valorem et consacré près de 375 millions de francs CFA à des projets communautaires. Environ 180 millions de francs CFA auraient également été investis dans la réhabilitation progressive du site.
Pour Eugène Malan, la réponse au phénomène doit également passer par une accélération de la formalisation de la petite mine afin d’éviter qu’un vide économique ne s’installe après la fermeture des sites clandestins. « Le GRAMCI dit non à l’orpaillage clandestin. Le GRAMCI dit oui à une petite mine légale, responsable et créatrice de valeur », a insisté le premier vice-président du Groupement.
Zié Koffi




