Le compte à rebours a commencé. Le Comité scientifique de la Foire Europe-Afrique (FEAA 2026) a tenu sa première réunion stratégique ce jeudi 27 août, à quatre mois de la plus grande messe économique Europe-Afrique jamais organisée à Abidjan.
Une entrée en matière qui donne le ton et fixe la feuille de route. Au cœur du dispositif, les membres ont placé le Pôle Agro-Industrie, véritable colonne vertébrale de cette édition, dont la présidence a été confiée à M. Assouman N’Guettia, PCA du FIRCA, une personnalité dont l’engagement pour la transformation locale n’est plus à démontrer.
Dès lors, le Comité scientifique ne parle pas en intentions, il parle en milliards. L’objectif est clair et assumé : 150 conventions de partenariat signées pour 250 milliards de FCFA, 100 milliards de contrats d’exportation conclus en direct lors des forums B2B cacao-café, céréales et technologies vertes, ainsi que 24 démonstrations technologiques grandeur nature au profit de 5 000 agriculteurs et PME. C’est tout le sens de cette première rencontre : transformer les discours sur la coopération Europe-Afrique en contrats, en usines et en emplois.
Mais pourquoi faire de ce Pôle la priorité absolue ? Parce que le diagnostic, bien que connu, reste brutal. Première puissance mondiale du cacao et de l’anacarde, la Côte d’Ivoire exporte encore plus de 70% de ses récoltes à l’état brut. Résultat, des milliards de FCFA de valeur ajoutée s’évaporent chaque année au profit d’usines européennes et asiatiques.
C’est précisément à cette anomalie que la FEAA 2026 veut s’attaquer avec son thème « De la Terre à la Table : Innover, Transformer et Nourrir l’Afrique », qui n’est pas un simple slogan mais un programme politique et économique visant à faire passer le taux de transformation locale de 30% à 50% d’ici 2030, conformément au PND 2021-2025. Un défi de souveraineté d’autant plus pressant que l’Afrique subsaharienne débourse encore 35 milliards de dollars par an pour importer ce qu’elle pourrait produire, selon la FAO.
Au-delà du diagnostic, c’est bien une plateforme de puissance que veut installer Abidjan du 14 au 19 décembre 2026 au Parc des Expositions. On n’y attend pas un simple salon mais un carrefour mondial avec plus de 500 000 visiteurs, 800 exposants professionnels et 10 pôles thématiques allant de l’agro-industrie à l’Intelligence Artificielle.
Le véritable coup stratégique se joue d’ailleurs dans le partenariat avec l’Europe, premier partenaire commercial du continent, qui arrive avec son programme Global Gateway et ses 150 milliards d’euros d’investissements prévus d’ici 2027.
Avec l’Accord de Partenariat Économique comme passeport vers le marché européen et la ZLECAf et ses 1,3 milliard de consommateurs comme terrain de jeu continental, de la terre ivoirienne à la table du monde, le chemin passe désormais par Abidjan.
Joël Abalo




