Pollution des eaux, dégradation des terres : L’union sacrée contre l’orpaillage illégal à l’épreuve des actes

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Imams, autorités administratives, élus, cadres, chefs de village : la Côte d’Ivoire affiche un front uni, rare, contre l’orpaillage illégal. Longtemps toléré dans un silence complice, le fléau est désormais désigné comme l’ennemi public numéro un.

L’affaire est devenue plus que sérieuse. Des rives du Bandama aux forêts du Moronou, les constats sont identiques : des sols éventrés, des cours d’eau empoisonnés au mercure et au cyanure, un écosystème défiguré. Face à l’ampleur du désastre, la Nation tout entière semble se ranger aux côtés du gouvernement pour mener ce qu’elle qualifie de combat de libération des sites.

Mais cette unanimité autour de ce fléau ne doit pas occulter l’exigence de résultats. Car pour nombre d’observateurs, cette mobilisation ne doit pas être un simple effet de mode, une agitation médiatique qui retomberait dès que les projecteurs s’éteindront.

L’État est désormais attendu sur son rôle régalien. Au-delà des opérations coup de poing menées par la gendarmerie et des démolitions de sites clandestins, les populations réclament des sanctions exemplaires et durables.

Le véritable nerf de cette guerre, soulignent-ils, n’est pas le jeune orpailleur muni d’une pelle, mais bien le réseau qui le finance, l’arme et le protège. Tant que les financiers tapis dans l’ombre ne seront pas identifiés et inquiétés, le mal renaîtra ailleurs, sous d’autres formes.

Une fois ce noble combat gagné, un autre chantier tout aussi urgent attend : la question foncière. Le morcellement tous azimuts des réserves administratives, bradées au mépris de toute planification urbaine, est perçu comme le jumeau du même laisser-aller qui a permis la prolifération des sites d’orpaillage.


Pour les autorités, l’éradication de l’orpaillage illégal pourrait constituer le test grandeur nature de la capacité de l’État à reprendre le contrôle effectif de son territoire.

Koffi Amani

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