Il s’est imposé comme la première cause de pollution de l’eau en Côte d’Ivoire. L’orpaillage clandestin, en expansion dans 24 des 31 régions du pays, menace désormais la santé publique et la sécurité nationale.
Selon le bilan 2023 du ministère des Eaux et Forêts, les 12 bassins versants ivoiriens sont pollués, à 80% à cause de l’orpaillage illégal. Les fleuves Bandama, Comoé, Sassandra et Cavally sont les plus affectés. Le procédé est bien connu. Pour amalgamer l’or, les orpailleurs utilisent du mercure et du cyanure, interdits par le Code minier.
Une fois dans l’eau, le mercure se transforme en méthylmercure, neurotoxique puissant qui se concentre dans la chair des poissons et contamine les nappes phréatiques, les rizières et l’eau potable. « Les orpailleurs clandestins utilisent des produits dangereux qui polluent les sols. A terme, ces terres pourraient devenir impropres à l’agriculture », alertait le Dr Albert Kouadio, spécialiste du secteur. Le fléau est aussi écologique.
Selon une étude d’impact citée par les autorités, l’activité provoque « érosion, infertilité, pollution par les déchets solides et liquides et contamination par des substances nocives », ainsi que la destruction de forêts classées et de plantations de cacao.Face à l’ampleur, le gouvernement a créé en 2021 le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illicite (GS-LOI).
Bilan à fin juillet 2026 : plus de 8.500 sites démantelés, 4.474 personnes interpellées dont 65% d’étrangers, et plus de 960 millions de FCFA saisis. Mais le phénomène, alimenté par la flambée du cours de l’or et des réseaux organisés, résiste.
Fin juillet, le Conseil National de Sécurité présidé par Alassane Ouattara l’a qualifié de menace « fortement préoccupante » et a annoncé une « tolérance zéro » contre les orpailleurs et leurs complices locaux.
Koffi Amani




