L’histoire politique est une référence qui ne s’efface ni avec le temps, ni avec les discours. C’est par ces mots que Jean Marc Kouadio, membre du Grand Conseil du PDCI-RDA, interpelle la direction et les militants dans une tribune rendue publique.
Pour lui, le PDCI-RDA, le plus ancien parti politique de Côte d’Ivoire, ne saurait être réduit à un cercle d’affinités ou à une organisation fondée sur le copinage. « Son fonctionnement doit demeurer fidèle à ses textes, à ses valeurs et à ses principes », souligne-t-il.
M. Kouadio déplore la montée des attaques publiques entre cadres et militants. « Il est regrettable que certains soient encouragés à s’en prendre à d’autres au lieu de privilégier le dialogue et la cohésion. Une telle orientation fragilise notre formation politique », estime-t-il.
Il pointe aussi la marginalisation de nombreux responsables et délégués historiques. « Sous la direction actuelle, plusieurs militants qui ont consacré leur vie au parti ont été écartés. Cela a créé un profond malaise et accentué les divisions internes », ajoute-t-il. Le cadre du parti fonde son appel sur la mémoire collective.
Il cite deux cas qui alimentent le débat : le Prof. Maurice Kakou Guikahue qui, après le coup d’État du 24 décembre 1999, a rejoint l’équipe de campagne du Général Robert Guéï, et le ministre Gnamien Yao qui a quitté le PDCI en 2008 pour le LMP de Laurent Gbagbo avant d’y revenir des années plus tard.
« Nous ne pouvons pas faire comme si certains n’avaient pas hier servi ceux qui ont renversé le Président Bédié, ou quitté le parti pour d’autres chapelles. Comment peuvent-ils aujourd’hui donner des leçons de fidélité ? », s’interroge-t-il.
Pour Jean Marc Kouadio, « le PDCI-RDA n’est pas une propriété privée ». Il appelle à « un strict respect des textes, à la justice, à l’équité et à l’unité »pour « redonner au parti sa grandeur et préserver l’héritage du Président Henri Konan Bédié ».
Joël Abalo




