Rubrique / Gouverner : L’insolente prospérité du business de la mort

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39 morts. 45 blessés. 91 passagers entassés dans un car de pas plus de 69 places assises et debout. Une surcharge assassine. La compagnie de transport suspendue. Un car de transport en commun, sans doute, pas vétuste, mais cela ne suffit pas. Était-il rafistolé ? Rapiécé de toutes parts ? Un véritable cercueil roulant ayant noué un pacte avec la mort ? Qui, pourtant, roulait encore sur l’axe Touba-Biankouma ? Peut-être, pas. Avait-il sa visite technique ? Était-il assuré ?

L’enquête diligentée par le Ministère des Transports et des Affaires Maritimes répond : « Les enquêteurs ont aussi relevé plusieurs irrégularités administratives. Le car circulait depuis plus d’un an sans visite technique valide et utilisait une immatriculation provisoire ne correspondant pas aux véhicules. Les pneus, bien que neufs, ne portaient pas certaines mentions réglementaires permettant d’attester leur conformité aux normes internationales. »


Mais le sûr : il faisait du commerce. Rapportait de l’argent, beaucoup d’argent, c’est sûr, à son ou ses propriétaires, heureux de faire ce business de la mort. En toute impunité. Peut-être un vieux tacot maquillé qui passait des postes de contrôle de la gendarmerie et de la police plusieurs fois dans la semaine.

Plusieurs dizaines de fois dans le mois. Et, certainement, des centaines de fois dans l’année, depuis plusieurs années. Un vrai défi aux autorités routières. Un pied de nez permanent à la puissance publique. Une inconscience meurtrière, partagée par des grappes de conducteurs, d’autorités, de citoyens lambda… Une irresponsabilité criminelle métastasée.


De nombreuses familles endeuillées. Blessées à vie. Meurtries à vie. Dévastées psychologiquement pour longtemps. Des vies à jamais perdues. Des dégâts matériels importants…


L’exigence collective, parfois oublieuse, pointera toujours l’autorité publique. D’elle, les attentes sont immenses : plus de sensibilisation, d’information et surtout, surtout de répressions.

On veut qu’elle assainisse encore et davantage le secteur du permis de conduire. Qu’elle fasse œuvre de salubrité publique en regardant de plus près le monde des assurances auto. Qu’elle multiplie la présence des caméras sur le réseau routier national. Qu’elle applique avec plus de vigueur et de rigueur les règles qu’elle édicte…


Mais, il faut le reconnaître : la puissance publique, dans le panier à…scorpions et serpents du transport public qui transporte plus de pagaille et de désordre que de passagers, a fait et continue de faire beaucoup et bien.

Information. Sensibilisation. Dispositifs de sécurité Règlements. Lois… Le communiqué en date du 24 juillet dernier montre bien combien elle commet les efforts nécessaires. Et les décisions qu’il véhicule sont l’expression de sa détermination. Les termes sont forts.


Si la puissance publique fait sa part et assume ses responsabilités -nous parlons du secteur du transport- en est-il de même pour nous, citoyens lambda ? Nous sommes si prompts à nous arranger avec les pratiques criminelles, la corruption, les mafias qui gangrènent tout le corps social, l’illégalité et les voies détournées !


Les passagers montés en cours de route n’ont-ils pas vu la surcharge du car ? Et ceux à l’intérieur ne se rendaient-ils pas compte que cette surcharge mettait en danger leur vie ? Si vous empruntez un jour un « gbaka » et que vous avez l’outrecuidance de faire remarquer au conducteur qu’il fait de l’excès de vitesse, vous risquez les quolibets, voire les injures des autres passagers.

Ils vous demanderont simplement d’acheter votre voiture personnelle.
Les Ivoiriens, c’est vrai, sont un peuple vraiment à part. Leur grand sens de l’autodérision cache, à la vérité, leur sens de l’irresponsabilité et leur inconscience, leur plus grand partage.


39 morts. 45 blessés… Quelqu’un, après l’ignoble assassinat du jeune livreur avait demandé que le pays rétablisse la peine de mort. Je me suis laissé dire que c’était une… députée !

Zio Moussa

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