PDCI-RDA : La fronde interne contre Tidjane Thiam s’amplifie

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▪︎ Une motion de censure politique

La contestation interne prend de l’ampleur au PDCI-RDA. Après le REM, le CNS prononce une motion de censure politique contre Tidjane Thiam et appelle à une profonde refondation du parti.

La contestation ne faiblit pas au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Après le Réseau d’entraide des militants du PDCI-RDA (REM-PDCI-RDA), c’est désormais le Cercle national pour la sauvegarde du parti (CNS-PDCI-RDA) qui sort de sa réserve pour exprimer son profond malaise.

Cette nouvelle prise de position confirme que la crise qui secoue la plus vieille formation politique ivoirienne dépasse désormais les simples divergences d’opinion pour prendre les allures d’une véritable crise de gouvernance. Dans une déclaration rendue publique, le secrétaire général du CNS-PDCI-RDA, Patrick Dago, dresse un réquisitoire sévère contre la direction actuelle.

Le cercle pointe une succession de dysfonctionnements qu’il juge préoccupants : multiplication des recours devant les juridictions, tensions internes persistantes, perte de plusieurs sièges aux élections législatives de 2025 et affaiblissement progressif de la cohésion militante.

Au terme de son analyse, le mouvement franchit un pas inédit en prononçant une motion de censure politique contre le président du parti, Tidjane Thiam, ainsi que contre l’ensemble de la direction. Pour le CNS-PDCI-RDA, les dirigeants actuels portent une responsabilité politique dans la crise de gouvernance qui fragilise le parti et compromet sa capacité à reconquérir le pouvoir d’État.

Cette sortie intervient dans un contexte où les voix discordantes se multiplient au sein du PDCI-RDA. Longtemps limitées à des critiques isolées, les contestations prennent désormais une forme plus structurée. Plusieurs mouvements internes s’organisent, élaborent des propositions et interpellent ouvertement la direction.

Le phénomène traduit une fracture grandissante entre les responsables nationaux et une partie de la base militante. Derrière les critiques adressées à Tidjane Thiam se dessine une interrogation plus profonde : le parti est-il encore gouverné conformément à ses textes et à sa tradition démocratique ?

Le recours répété aux tribunaux pour régler des différends internes, autrefois exceptionnel dans l’histoire du PDCI, est désormais présenté par les frondeurs comme le symptôme d’un dialogue politique en panne. Pour eux, les conflits qui auraient dû être arbitrés par les instances du parti se retrouvent systématiquement devant les juridictions, alimentant une image de division permanente.

Le poids des revers électoraux

Les mauvais résultats enregistrés lors des dernières législatives constituent également un argument majeur de la contestation. Aux yeux du CNS-PDCI-RDA, ces contre-performances ne peuvent être analysées uniquement sous l’angle de la compétition politique nationale. Elles seraient aussi le reflet d’un malaise organisationnel interne.


Pour les contestataires, un parti qui aspire à gouverner doit d’abord démontrer sa capacité à préserver son unité, à mobiliser ses militants et à arbitrer ses différends sans étaler ses divisions sur la place publique. À cela s’ajoute une inquiétude stratégique : chaque crise interne détourne le PDCI de sa mission première, celle de préparer les échéances électorales majeures, pendant que ses adversaires politiques poursuivent leur travail de terrain.


Au-delà de la critique, le CNS-PDCI-RDA formule plusieurs propositions. Le cercle appelle à l’ouverture d’un vaste processus de refondation fondé sur le respect strict des statuts et du règlement intérieur, la restauration de la démocratie interne, la réconciliation de toutes les sensibilités du parti, la réorganisation des instances dirigeantes dans la légalité et la transparence, ainsi que l’élaboration d’une stratégie crédible de reconquête du pouvoir.

Le mouvement lance un appel à la mobilisation de l’ensemble des militants, des secrétaires de section, des délégués départementaux, des élus, des cadres et des structures spécialisées afin, selon ses termes, de « sauver le PDCI-RDA ». Arrivé à la tête du PDCI avec l’ambition de moderniser le parti et de le repositionner dans le paysage politique ivoirien, Thiam fait désormais face à une multiplication des critiques internes qui risquent d’éroder son autorité.

Même si ces mouvements ne représentent pas nécessairement l’ensemble des militants, leur succession donne l’image d’un parti où les divergences deviennent de plus en plus publiques. Une situation qui pourrait compliquer la préparation des prochaines échéances électorales si aucun consensus n’est rapidement trouvé. Le PDCI-RDA se retrouve ainsi à un tournant de son histoire.

Zié Koffi

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