Hommage : ÉMILE CONSTANT BOMBET…UNE PAGE SI RICHE SE TOURNE

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Au milieu des années 70, l’armée ivoirienne se retrouve avec un excès d’officiers. Il est décidé de reverser certains dans l’administration et dans la gestion des entreprises d’état. Ainsi, le capitaine Emile Constant Bombet, inspecteur du matériel devient sous-préfet en 1974. 5 ans plus tard, il est déjà préfet de Divo.

Il refuse la levure du PDCI-RDA aux élections de 80. Son ministre l’interroge sur les raisons d’un score pas si triomphant dans son département. Il répond que cela ne fait que traduire la réalité du terrain.


En 1981, il débarque à Korogho. Il doit, à en croire son témoignage dans l’ouvrage homonyme de Grah Mel sur Houphouët, gérer crises et relations avec la grande famille Gon. Korogho étant une base de lancement de la gauche, le préfet échange régulièrement avec les opposants dont un certain Laurent Gbagbo.


En Novembre, il intègre le gouvernement au ministère de l’intérieur et apparaît déjà comme l’un des jeunes loups du régime. Mais c’est sous Henri Konan Bédié qu’il atteint le firmament. En pointe de la lutte contre le boycott actif, il va aussi incarner la ligne dure anti Ouattara surtout en demandant, s’agissant du certificat de Nationalité de Ouattara « ce petit papier qu’on demande aux enfants qui présentent un examen scolaire ».


La chute est brutale le 24 décembre 1999, le régime Bédié tombe et l’image peu reluisante de Bombet est diffusée par la junte tel un butin de guerre.

Mais le succès n’est pas loin.
Bédié en exil, les militants du PDCI-RDA ont la sagesse (suivez mon regard) de choisir Bombet comme candidat du parti pour l’élection de 2000. Malheureusement, sa candidature est rejetée. Quelques mois plus tard, elle est retenue pour les législatives, mais ce sont les populations de Bangolo qui le désavouent. Bombet entame alors un long déclin politique.


Comme un homme politique n’est jamais fini, Bombet revient à la une autour de 2018. Privé de nombreux lieutenants partis au RHDP, HKB remet en selle Bombet. Thiam, qui a partagé avec lui les bancs du gouvernement le confirme aux premiers plans. Il décède donc dans une position plus que stratégique au sein du PDCI-RDA.


Personnellement, il y a quelques années je recontacte celui qui n’est rien d’autre que mon grand-père. En effet, s’il est natif de Rubino, Bombet est de Goénié à Bangolo comme mon grand-père, son cousin. D’ailleurs, la vie de Bombet est révélatrice de la forte migration des We, reconnus dans les métiers liés au chemin de fer. Vous en trouverez dans l Agneby et le Loh Djiboua, où ils sont installés depuis la colonisation.


J’ai découvert un érudit passionné par la lecture des thèses. J’ai aussi découvert un homme déçu de n’avoir pas terminé sa carrière militaire au grade de Général. BÉDIÉ lui a juste permis d’inaugurer le grade de colonel-major juste avant sa retraite.


Bombet c’est donc l’histoire politique, l’histoire militaire mais aussi l’histoire des migrations internes liées aux métiers apparus durant la colonisation.
Repose en paix, cher grand-père

Par Arthur Banga

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