L’Université Alassane Ouattara de Bouaké a servi de cadre, ce vendredi 10 juillet 2026, à la célébration de la Journée Nationale de l’Arbre. Placée sous le thème « Chaque arbre compte, je plante mon arbre », la cérémonie a été marquée par le message fort du représentant du Vice-Président de la République, en la personne du Ministre d’Etat, Conseiller Spécial à la Présidence, Monsieur Kobenan Kouassi ADJOUMANI.
Représentant le Patron de la cérémonie, Son Excellence Monsieur Tiémoko Meyliet KONÉ, Vice-Président de la République, le Ministre d’Etat a ouvert son allocution en transmettant « les salutations fraternelles et les chaleureuses félicitations » du Vice-Président pour la mobilisation exceptionnelle des populations.
Pour lui, le choix de Bouaké n’est pas anodin. « Ville historique, ville de rassemblement, de résilience et de renouveau, Bouaké symbolise parfaitement la volonté de notre pays de bâtir un avenir fondé sur l’unité, la solidarité et la responsabilité collective », a-t-il déclaré. Il s’est également réjoui que la cérémonie se tienne à l’Université Alassane Ouattara, « haut lieu du savoir et de la formation de notre jeunesse, car l’avenir de nos forêts dépendra largement de l’engagement et de la conscience environnementale des générations que nous formons aujourd’hui ».
Dans un discours solennel, le Ministre d’Etat a rappelé que la vision du Président Alassane OUATTARA est claire : « bâtir une Côte d’Ivoire prospère, résiliente et respectueuse de son environnement ». La restauration du couvert forestier constitue ainsi « une priorité nationale ».
S’adressant directement aux Ivoiriens, il a insisté sur le fait que la question forestière a changé de dimension. « Elle n’est plus seulement une question environnementale. Elle est devenue une question économique. Une question agricole. Une question sociale. Une question de sécurité alimentaire. Une question de développement durable ».
Développant cette idée, il a établi le lien direct entre forêt et développement : « Lorsque les forêts disparaissent, les sols s’appauvrissent. Lorsque les sols s’appauvrissent, les rendements agricoles diminuent. Lorsque les ressources naturelles se dégradent, les conditions de vie des populations deviennent plus difficiles ». Pour lui, préserver les forêts, « c’est préserver les fondements mêmes de notre développement, notre souveraineté alimentaire et notre capacité à faire face aux effets du changement climatique ».
Insistant sur la responsabilité collective, le représentant du Vice-Président a salué le travail du Ministre des Eaux et Forêts et de ses collaborateurs pour la conduite de la politique forestière. Il a également félicité les collectivités territoriales, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers et la société civile pour leur engagement.
Revenant sur le thème de l’année, il a souligné que les politiques publiques ne produisent d’effets que si les citoyens se les approprient. « L’État peut créer les conditions. L’État peut impulser les réformes. L’État peut mobiliser les ressources. Mais la réussite dépendra toujours de la capacité des populations ». Et d’ajouter :« La restauration forestière nationale ne se décrète pas. Elle se construit. Elle se construit arbre après arbre. Village après village. Région après région. Citoyen après citoyen ». « Chaque arbre planté est une promesse. Chaque arbre protégé est une victoire ».
Au nom du Vice-Président, le Ministre d’Etat a lancé un appel solennel à la mobilisation : aux administrations, aux collectivités, aux entreprises, aux écoles, aux communautés rurales et à la jeunesse ivoirienne. « Faisons de l’arbre un symbole de notre engagement collectif envers l’avenir. Faisons du reboisement un mouvement national ».
Il a conclu par un hommage aux femmes, aux hommes, aux jeunes, aux élèves et aux producteurs qui œuvrent quotidiennement pour la restauration des paysages forestiers, avant de déclarer officiellement lancées les activités de la JNA 2026 : « Ensemble, écrivons une nouvelle page de l’histoire environnementale de notre pays ».
Prenant la parole avant lui, le Ministre des Eaux et Forêts a exprimé sa gratitude au Premier Ministre, Parrain de l’édition. Il a souligné la portée du choix de Bouaké, « ville carrefour, symbole de résilience », où « les efforts de tous les Ivoiriens doivent aujourd’hui converger vers un même objectif : restaurer durablement notre patrimoine forestier ».
Pour le Ministre des Eaux et Forêts, célébrer l’arbre à l’université affirme la conviction que « la reconquête forestière de la Côte d’Ivoire se construira autant par la mobilisation citoyenne que par la connaissance, l’innovation et l’engagement des générations futures ».
La cérémonie s’est achevée par un planting d’arbres sur le campus universitaire, geste symbolique pour traduire dans les faits l’ambition gouvernementale de porter la couverture forestière à 20% à l’horizon 2030, conformément à la SPREF.
Joël ABALO, envoyé spécial à Bouaké
ENCADRE
Quand Baudelaire inspire la reconquête forestière
Dans son discours prononcé à Bouaké, le Ministre d’Etat Kobenan Kouassi ADJOUMANI, représentant le Vice-Président Tiémoko Meyliet KONÉ, a voulu donner une dimension poétique à l’engagement pour l’arbre.
Il a cité Charles Baudelaire : « La nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles : l’homme passe à travers des forêts de symboles qui l’observent avec des regards familiers, comme de longs échos qui de loin se confondent, les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »
Pour le représentant du Vice-Président, cette citation rappelle que la forêt n’est pas qu’une ressource. Elle est un patrimoine spirituel et culturel. Protéger l’arbre, c’est donc préserver notre lien intime avec la nature et transmettre aux générations futures un héritage vivant.
J.Abalo




