PPEF/ Cybercriminalité: il soutire 99 millions FCFA sur le compte Ecobank d’un haut cadre de la LONACI en 21 jours

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D.T comparaît devant le pôle pénal, économique et financier pour interception frauduleuse des moyens techniques de données informatiques, utilisation en connaissance de cause de données informatiques frauduleusement obtenues, utilisation frauduleuse d’éléments d’identification d’autrui par le biais d’un système d’information, obtention frauduleuse d’avantages par un système d’information et blanchiment de capitaux. Il est sous mandat de dépôt depuis le 29 juillet 2024.

L’avocat de Ecobank est à l’aise face à un prévenu qui parle beaucoup, dit tout: « À la police économique, il avait refusé de collaborer. Ici, il collabore. »
Et il a bien collaboré!

D.T s’est présenté à la première question de la présidente du tribunal, comme un informaticien. Quand la présidente demande plus de précision sur son’ niveau académique, il s’affaisse. « Niveau secondaire. Classe de première. Informaticien dans l’informel. Je me débrouille. Je n’ai pas de diplôme. J’ai des connaissances en informatique. Je fais de la maintenance. »

D.T n’est pas titulaire d’un compte à Ecobank. Mais il a réussi à accéder au compte Ecobank d’un cadre de la Lonaci et a soutiré 99 millions F CFA en 21 jours. « Je peux seulement checker, vérifier les numéros de téléphone des clients prépayés », répond-il au représentant du ministère public qui lui a demandé son procédé. « Il vous arrive d’utiliser votre ordinateur pour accéder à des comptes en utilisant un logiciel? »

Le pot aux roses a été découvert le 28 février 2024, explique la chargée du compte de la personnalité en question. « Il a constaté que des transactions ont eu lieu sur son compte à partir des distributeurs automatiques. Des fonds ont été transférés vers la société générale. Nous avons pu identifier la personne grâce aux caméras de surveillance. Elle a retiré plus de 99 millions FCFA, uniquement à partir de l’application Ecobank mobile », déclare-t-elle à la barre.

Question de la présidente du tribunal : Si je ne suis pas un client d’Ecobank, puis-je faire le retrait? »

  • Non, répond l’agent de la banque
    La présidente du tribunal enchaîne alors : Si vous le faites, c’est que vous avez accès aux informations…
    -Un code est envoyé au client pour parachever l’enregistrement. Des notifications sont envoyées au titulaire du compte à chaque transaction.

Alors, comment DT, qui n’est ni titulaire d’un compte à Ecobank, ni agent de la banque s’y est-il pris pour avoir accès aux données personnelles du client de la banque pour retirer plus de 99 millions FCFA?
Il est volubile et étale son exploit: « L’opérateur mobile Orange CI a des syntaxes qui permettent de vérifier les crédits. J’utilise la syntaxe et et si je tombe par hasard sur un numéro qui n’est pas utilisé depuis quatre à six mois, j’ai une SIM vierge que j’achète sur le marché, je vais sur le site Orange CI, j’applique la syntaxe Orange et je transfère les données sur ma puce vierge »
Comment cela est-il possible, vous ne travaillez pas à Orange CI, relance la présidente du tribunal. « Il y a deux manières: soit l’ingénierie, soit on croise on croise un conseil-client et on achète les accès. »
Interpellé aussi bien par le tribunal, le parquet et l’avocat de Ecobank, il a refusé de citer les noms des complices qui l’ont aidé dans sa manœuvre.

Comment accède-t-il au compte du cadre de la LONACI? « En 2022-2023, je tombe sur un numéro Orange. Il n’y avait que 27.000 FCFA de crédit d’appel sur la puce. Je rends le numéro inaccessible au propriétaire. Et puis, je reçois un message, le solde de son compte à Ecobank, puis une autre notification de son compte UBA.
J’ai accédé à son gmail. J’ai eu accès à ses mails. J’ai vu le login Ecobank. J’ai eu accès à ses mails. J’ai téléchargé les applications mobiles. J’ai vu qu’il y avait un crédit de 64 millions FCFA sur le compte UBA et 100 millions sur le compte Ecobank.
Je pouvais retirer six millions FCFA/j. J’ai lancé trois millions FCFA, c’est passé. Au mois de janvier, j’ai retiré pendant 21 jours, 400.000 FCFA/j. Au tota, j’ai retiré 99 millions FCFA. »

Quand le procureur de la République demande au prévenu ce qu’il a fait de l’argent obtenu frauduleusement, sa réponse: « J’ai acheté une BMW à six millions FCFA, j’ai investi dans un débit de boisson, j’ai loué une ferme de volailles, j’ai dépensé l’argent dans les loisirs et le divertissement. »

L’affaire a été renvoyée au 9 juillet 2026, pour les réquisitions et les plaidoiries.

Source page Fernand Dédéh

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