Mon avis sur…LA RÉFORME DE LA CEI

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Dans le prolongement de la décision prise en Conseil des ministres le 6 mai dernier portant dissolution de la CEI, devant les représentants des partis politiques, des OSC (Organisations de la Société Civile) et de la presse réunis à la Primature ce lundi 22 juin, le Premier ministre, Robert BEUGRE MAMBE a présenté les grandes lignes de la réforme de notre outil électoral destinée à restaurer la confiance dans le processus électoral ivoirien.

Suite à cette rencontre, je me suis permis de donner mon humble avis de libre penseur et de citoyen ivoirien, en ce mardi 23 juin, lendemain de l’intervention du premier ministre.

🔲 POUR UN SYSTÈME ÉLECTORAL IVOIRIEN TRANSPARENT, CRÉDIBLE ET APAISÉ

Nous sommes tous UNANIMES sur le fait que la démocratie repose avant tout sur la CONFIANCE. Or, aucune élection ne peut être véritablement CRÉDIBLE lorsque l’une des parties prenantes soupçonne l’arbitre d’être juge et partie. La réforme du système électoral doit donc avoir pour OBJECTIF FONDAMENTAL de restaurer cette confiance entre les acteurs politiques, les institutions et les citoyens.

La spécialisation des fonctions électorales constitue une piste INTÉRESSANTE. Cependant, pour qu’elle soit EFFICACE, elle doit s’accompagner d’un ensemble de GARANTIES INSTITUTIONNELLES fortes.

A. TROIS PILIERS AUTONOMES.

  1. L’Autorité Nationale du Registre Électoral (ANRE)

Cette institution serait chargée exclusivement de l’ENRÔLEMENT des électeurs, de la GESTION du fichier électoral, de la RADIATION automatique des personnes décédées et de l’INSCRIPTION automatique des citoyens atteignant l’âge de 18 ans grâce à l’interconnexion avec l’état civil.

L’ANRE travaillerait en étroite collaboration avec les préfectures, les sous-préfectures, les mairies et l’Office National de l’État Civil. Chaque trimestre, le fichier électoral serait AUDITÉ en présence des représentants des partis politiques et de la société civile.

  1. L’Agence Nationale des Élections et de la Logistique (ANEL)

Cette institution serait chargée de l’ORGANISATION matérielle des scrutins, de la FORMATION des agents électoraux, de l’impression et de la DISTRIBUTION des bulletins, de la SÉCURISATION et de la REMONTÉE des PV et de la PUBLICATION NUMÉRIQUE des résultats bureau de vote par bureau de vote.

L’ANEL ne participerait ni au DÉCOMPTE FINAL ni à la PROCLAMATION des résultats.

  1. La Haute Autorité de Supervision Électorale (HASE)

Cet organe indépendant serait chargé de la VALIDATION des candidatures, de la SUPERVISION générale du scrutin, de la CENTRALISATION des résultats, de la PROCLAMATION des résultats provisoires et du RÈGLEMENT administratif des contentieux électoraux.

Les résultats définitifs resteraient de la COMPÉTENCE EXCLUSIVE du Conseil constitutionnel.

B. GOUVERNANCE PARTAGÉE

La CRÉDIBILITÉ des institutions dépend du MODE DE DÉSIGNATION de leurs dirigeants. Ainsi, un tiers des responsables serait désigné par la majorité présidentielle, un tiers par l’opposition parlementaire et un tiers par la société civile organisée (Ordre des avocats, universités, organisations religieuses, organisations de défense des droits humains, syndicats, chambres consulaires).

Les dirigeants seraient élus pour un MANDAT UNIQUE de cinq ans NON RENOUVELABLE. Ils ne pourraient être révoqués qu’à la majorité qualifiée des deux tiers de l’institution concernée ou par décision judiciaire.

C. TRANSPARENCE COMME PRINCIPE

La transparence ne doit pas être un SLOGAN, mais une OBLIGATION LÉGALE. À cet effet, il devrait être EXIGÉ :

  1. Une publication intégrale du fichier électoral qui serait ACCESSIBLE en ligne et CONSULTABLE GRATUITEMENT par chaque citoyen.
  2. Une publication des résultats BV par BV. Dès la fermeture des BV, les PV signés seraient photographiés, numérisés et publiés IMMÉDIATEMENT sur une plateforme accessible à tous. Ainsi, chaque citoyen pourrait comparer les chiffres officiels avec ceux affichés dans son bureau de vote.
  3. Des audits indépendants systématiques avant et après chaque élection par des cabinets indépendants nationaux et internationaux qui procéderaient ainsi à l’audit du fichier électoral, des équipements biométriques et du système informatique de centralisation. Les rapports seraient rendus publics.

D. DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

Chaque commune pourrait disposer d’un Comité Local de Veille Électorale (CLVE) composé d’un représentant de chaque parti ayant des élus, d’un représentant des chefs traditionnels, d’un représentant des organisations de jeunesse, d’un représentant des femmes et d’un représentant des confessions religieuses.

Ces comités auraient pour mission d’observer l’enrôlement, de signaler les IRRÉGULARITÉS et de PRÉVENIR les tensions locales.

Pour renforcer davantage la CRÉDIBILITÉ du système, on pourrait procéder à l’introduction d’un IDENTIFIANT biométrique UNIQUE pour chaque électeur, à la transmission électronique sécurisée des PV, à la GÉOLOCALISATION des BV et à la retransmission en direct sur Internet des opérations de centralisation des résultats.

La Côte d’Ivoire a besoin d’institutions FORTES, INDÉPENDANTES et MUTUELLEMENT CONTRÔLÉES…

La paix électorale ne naît pas de la victoire d’un camp sur un autre. Elle naît de la CERTITUDE, pour chaque citoyen, que sa voix a été comptée EXACTEMENT telle qu’elle a été EXPRIMÉE. C’est cette CONFIANCE RETROUVÉE qui permettra de consolider durablement notre démocratie et de faire des périodes électorales, non plus des moments de TENSION, mais des rendez-vous NORMAUX de la vie républicaine.

Abidjan, le mardi 23 juin 2026

Jean-Yves ESSO
Citoyen Lambda

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