Bassin de la Volta : 6 États unissent leurs forces pour protéger un géant écologique menacé

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La capitale économique Abidjan a servi de cadre de rencontre, mardi 23 juin 2026, au 5ᵉ Forum des parties prenantes du Bassin de la Volta, couplé à l’atelier régional de validation politique, de vulgarisation et de capitalisation des résultats de la mission d’évaluation du capital environnemental et des services écosystémiques du bassin.

Les acteurs institutionnels, techniques et communautaires des six pays membres de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV), se sont retrouvés autour d’un objectif commun : préserver un patrimoine naturel essentiel à la survie de plus de 35 millions de personnes. Face aux défis croissants liés au changement climatique, à la dégradation des écosystèmes et à la pression démographique, les participants ont insisté sur l’urgence d’une action concertée à l’échelle régionale.

Le Bassin de la Volta, qui s’étend sur près de 400 000 kilomètres carrés à travers le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Togo, constitue l’un des espaces hydrologiques les plus importants d’Afrique de l’Ouest. Le Conservateur Général Zouzou épouse Mailly Elvire-Joëlle, Directeur de cabinet du ministre des Eaux et Forêts, a souligné la portée stratégique de cet espace partagé.

De sonnaveu, le bassin de la Volta est bien plus qu’un espace géographique. Il constitue un patrimoine stratégique commun, un facteur de stabilité régionale, un levier de développement économique et un instrument de solidarité entre nos peuples. Poursuivant, elle a indiqué que les ressources naturelles que renferme le bassin — notamment l’eau, les forêts, les terres agricoles, les zones humides et la biodiversité — jouent un rôle déterminant dans les moyens de subsistance de millions de populations. Leur préservation représente, a-t-elle souligné, désormais un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire, la sécurité hydrique et la stabilité sociale de la sous-région. La représentante du ministre a également attiré l’attention sur les menaces qui pèsent sur cet écosystème. « Les effets du changement climatique se font de plus en plus sentir. Les phénomènes extrêmes se multiplient.

Les pressions sur les ressources naturelles s’intensifient sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation, de l’expansion agricole et de l’exploitation croissante des ressources, notamment minières », a-t-elle indiqué. Pour elle, ces défis justifient pleinement la création de l’Autorité du Bassin de la Volta par les chefs d’État des pays concernés. « Aucun État ne peut relever à lui seul les défis d’un bassin partagé. La coopération n’est pas une option. Elle est la condition même de notre réussite collective », a-t-elle insisté.


Quant au Secrétaire exécutif du Partenariat mondial de l’eau en Afrique de l’Ouest (GWP-AO), Dr Amadou Lamine Ndiaye, il a présenté cette rencontre comme un tournant majeur dans la gouvernance du bassin. « Ce 5ᵉ Forum des parties prenantes du Bassin de la Volta est bien plus qu’une rencontre ordinaire. Il marque un moment charnière dans notre démarche collective : celui où la connaissance scientifique rencontre la volonté politique », a-t-il affirmé.

Précisant que les résultats de la mission d’évaluation environnementale doivent, désormais, servir de base à des décisions politiques concrètes et à des actions coordonnées sur le terrain. Il a rappelé que le forum poursuit un triple objectif : valider les conclusions de l’étude, vulgariser les résultats auprès des populations et capitaliser les acquis afin de renforcer la gouvernance régionale des ressources naturelles. Le Directeur exécutif adjoint chargé des opérations, Dr Dibi Millogo, a, pour sa part, dressé un constat sans complaisance de l’état de santé du bassin.

A l’en croire, le bassin de la Volta n’est pas seulement un bassin fluvial. Il est un espace de vie. Il est un patrimoine commun. Il est une source de prospérité. Il est un lien entre nos peuples. Cependant, a-t-il prévenu, les signaux d’alerte se multiplient. « Les forêts régressent. Les terres se dégradent. Les zones humides disparaissent. La biodiversité s’appauvrit. Les pollutions augmentent. Les ressources en eau subissent des pressions croissantes. »

Pour le responsable régional, jamais les ressources naturelles du bassin n’ont été aussi indispensables au développement économique et social des pays riverains, mais jamais elles n’ont été aussi vulnérables. Les travaux du forum ont ainsi permis de mettre en lumière la nécessité d’une gouvernance concertée, fondée sur la science, la participation des communautés locales et l’engagement politique des États.

Les participants ont convenu que la préservation du Bassin de la Volta constitue un enjeu majeur pour l’avenir de l’Afrique de l’Ouest. Au-delà des échanges techniques, la rencontre d’Abidjan aura surtout réaffirmé une conviction partagée : la protection du Bassin de la Volta ne relève plus seulement d’une ambition environnementale, mais d’une nécessité stratégique pour garantir la résilience climatique, la sécurité alimentaire et le développement durable de plus de 35 millions de personnes vivant dans cet espace.

Prince B

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